Journée sans voiture: Paris ou ailleurs, quels enjeux?

evsmv

Point d’orgue de la semaine de la Mobilité, la « Journée sans voiture », véritable mise en situation de devoir modifier ses habitudes, a été mise en place ce dimanche 27 septembre dans plusieurs secteurs de Paris. Un dimanche, on pouvait penser que ce ne serait pas une entrave majeure pour la vie économique. Et bien il s’est trouvé quand même des grincheux !!

Néanmoins, ce fut un vrai bonheur pour le plus grand nombre, les piétons, les cyclistes, les enfants, les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées, pas obligées pour une fois de subir la double peine des jours de pollution où, déjà fragilisées, elles doivent en plus s’interdire de sortir, alors que les vrais responsables, eux, pavoisent sur le pavé !

Quant on sait les enjeux de Paris en termes de bruit, de pollution, d’occupation de l’espace, de dangerosité, il faudra bien inventer un compromis entre voiture et qualité de vie.

La question posée va bien plus loin qu’une simple balade bucolique dans les rues d’une ville soudainement rendue aux rollers et aux petits oiseaux.

La réussite de tels évènements, l’acceptabilité sociale ne peuvent se produire que progressivement et surtout en mettant en place une politique coordonnée des modes de transport. A Paris et dans les villes qui affrontent ces problèmes depuis longtemps (Strasbourg, Nantes, Bordeaux, Rennes, La Rochelle, Lille etc…), c’est souvent le cas. Ces villes ont nécessairement une politique contraignant la voiture, ce qui me paraît incontournable, car elle a pris toute la place et n’est pas prête à en rendre même une partie.

C’est donc beaucoup plus difficile dans des collectivités plus moyennes comme Calais, où cette vision globale n’existe pas. On croit pouvoir plaire à tout le monde en saupoudrant qui ici un peu de vélo, là un peu de navette TC ou même fluviale…Mais on ne touche surtout pas à la place de la voiture. Voire on la favorise…Exemple simple: il n’existe même pas de plan cyclable pour l’agglomération calaisienne, chaque commune fait si elle veut, quand elle veut, sans continuité avec les autres…

Une telle politique ne peut fonctionner, et de plus, pas sûr du tout qu’elle reflète le souhait de la population. Et elle est globalement plus coûteuse que toute autre.

Nos villes ne traverseront positivement les crises qui s’annoncent que par une redéfinition collective des enjeux posés (équilibre sociaux des quartiers, politique des transports non polluants et dirigés d’abord vers les non-motorisés = à Calais, 30% ! , mixité habitat-activité-loisirs, participation des habitants…). Le slogan « Reconstruire la ville sur la ville » a beau être déjà ancien, il est plus que jamais d’actualité. Calais n’échappe pas à ce constat : déménagement d’un hôpital, de supermarchés , de pôles d’activité vers l’extérieur, augmentant ainsi de 40% la dépendance à la voiture. Tout ceci entraînant bien sûr la perte de substance dans le centre.

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