COP21, c’est parti !

Logo_COP_21_Paris_2015La partie visible de l’iceberg de la lutte contre le réchauffement climatique, la 21ème conférence internationale sur le sujet, commence à Paris ce lundi 30 novembre.

Ne faisons pas de mauvais procès. Tous les dirigeants politiques ont pris conscience de la situation, depuis déjà assez longtemps, comme la plupart des habitants de la planète, même si c’est à des degrés divers. Nous n’en sommes plus à l’époque des donneurs d’alerte des années 70 ou 80, comme René Dumont, visionnaire pour l’époque. Les problèmes soulevés par l’écologie ne font plus rire…

C’est même ce que l’on reproche à l’écologie aujourd’hui : d’être trop sérieuse, de ne pas faire rêver, de faire peur même et de vouloir interdire tout « ce que la vie a de bon » . Le moins que l’on puisse dire, c’est que si on avait été plus « sérieux », plus prévoyants, plus raisonnables sur certains sujets, on n’en serait sans doute pas là aujourd’hui .
On peut dire aussi qu’au plus haut niveau, il y a vraiment une volonté d’accélérer le timing, car on sait qu’il y a urgence.

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Photos NASA: La banquise arctique en septembre de 2005 puis de 2007: moins 13% par an…

Mais la vraie question est de savoir quel est aujourd’hui le poids réel du politique face aux intérêts économiques et leurs lobbies, qui continuent d’accélérer la machine dans le mauvais sens. On sait par exemple, que l’abandon généralisé des énergies fossiles constituerait une vraie inflexion pour empêcher la température globale d’augmenter, mais… la question ne sera pas posée !! On sait aussi que mettre en place une vraie politique pour le vélo dans toutes les villes non seulement ne serait pas onéreuse, mais en plus serait très efficace en termes de santé, et de réduction des Gaz à Effet de Serre. Mais une fois de plus, le vélo est quasi oublié de cette conférence, comme solution globale. La manifestation d’ouverture, qui devait se faire à vélo, a même été interdite.

Chaque fois que ce type de conférence au sommet commence, avec son inévitable cortège médiatique, on a l’impression que ça n’aboutira à rien, ou à pas grand-chose. Et que chaque volonté ou action mise en avant par les autorités est aussitôt contredite par les faits, chacun ayant un ou des exemples à donner pour illustrer.

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Cependant la société bouge, de nombreux indicateurs sont là pour nous encourager : la montée du niveau général d’éducation, les modes de consommation plus économes et plus collectifs, le recul de la volonté de posséder sont autant de signes. Au moins dans nos sociétés occidentales.

Des initiatives citoyennes individuelles et collectives innombrables se mettent en place ici où là, dans un esprit d’innovation qui prend en compte justement ces données désormais incontournables que sont les limites de notre planète.

L’enjeu réel est de savoir si le poids de ces citoyens-là augmentera suffisamment vite pour éviter à temps les catastrophes. Nous ne pouvons qu’y travailler. Il n’y a pas d’autre choix.

Chacun d’entre nous dispose de leviers, souvent sans le savoir: en adoptant par exemple des modes de consommation qui favorisent la proximité, le recyclage, les déplacements non polluants. En disant cela depuis vingt ans, j’ai l’impression de toujours répéter les mêmes choses. C’est pourtant du bon sens !

Alors le vélo dans tout ça ?

Etonnant qu’il soit si peu présent dans le débat public cette semaine. C’est ce que déplore la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette)  dans son communiqué du 26 novembre dernier:

A partir du 30 novembre prochain, les dirigeants des Etats du monde entier vont tenter de trouver un accord pour préserver le climat et plus généralement les conditions de vie sur la planète dans le cadre de la Conférence mondiale sur le climat.
 
Alors que le transport est un des principaux émetteurs de GES, la FUB déplore la quasi absence du vélo dans le débat public. Pourtant le vélo est bien le véhicule qui offre le meilleur retour sur investissement.
 
La FUB appelle à la mobilisation de l’ensemble des cyclistes en les invitant à se déplacer à vélo, seul, en famille, ou entre amis, pour aller travailler, faire ses courses, se balader, etc., sur toute la durée de la COP21.

Elle vous propose à cette occasion d’afficher sur votre vélo le logo ci-joint, et à marquer votre soutien à la cause vélo sur l’ensemble des réseaux sociaux en utilisant les hashtags #Bike4us, #COP21, #SolutionVelo et #TousAVelo.

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Plus d’infos sur le site de la fub

L’idée reçue que le vélo serait un moyen de déplacement pour les pauvres est mise à mal par les faits : rappelons que près de chez nous, le Danemark (1er pour le vélo) et les Pays-Bas (2ème) sont respectivement…

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Une des gares d’Amsterdam…

…6ème et 11ème au niveau mondial pour le PIB (richesse nationale produite chaque année) par habitant et sont aussi évidemment dans les tout premiers en termes d’IDH (indice de développement humain; NL 4ème et Dk 10ème). Les pays qui roulent le plus à vélo sont loin d’être rétrogrades…Le vélo ne les empêche pas de travailler ni d’être compétitifs…et les rend plutôt heureux!

Alors, tous à vélo…

Programme des manifestations au Grand Palais à Paris sur

solutions cop 21

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Wissant « bike-friendly » et piétonne? 12 sur 20. Bien mieux que Wimereux!

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Wissant (1 033 habitants, 8 000 l’été), typique village de pêcheurs de la Côte d’Opale, est devenue une agréable station balnéaire de vacances et de week-ends très fréquentée. On y rencontre toutes sortes de touristes, qui restent ou qui passent. Et la fréquentation estivale de cette petite bourgade est constituée notamment de beaucoup de piétons, mais aussi de cyclistes qui aiment flâner dans les rues et sur la digue.

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L’ensemble du village est en zone 30, ce qui facilite et sécurise la cohabitation des différents types d’usagers de la route : les bordures de trottoirs sont abaissées, les passages piétons surélevés et ici pas de « terre-pleins-centraux »inutiles.

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Zone 30: un marquage bien visible pour tous

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Mieux encore, une « zone de rencontre », ou zone 20 couvre la rue qui descend vers la digue et ses abords, très fréquentés en général. Rappelons que les piétons y sont prioritaires, et que du fait de la faible vitesse des voitures, il n’est pas nécessaire de faire d’aménagements pour les vélos…

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…sauf pour les doubles-sens cyclables. Celui de la zone 20 devrait donc être matérialisé au sol, en plus du panneau dont le « sauf cycliste » est un peu caché par la verdure.

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Stationnement des vélos:

On peut noter  quelques arceaux pour les vélos (plutôt design pour les derniers) sur et autour de la place: à poursuivre, ils sont trop peu nombreux.

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Parking à vélos adossé à l’église, ici en travaux.

Espérons qu’on ne les oubliera pas sur la nouvelle digue, que les cyclistes, eux, en tous cas, ont déjà adoptée!

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 Mention particulière…

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…à l’Office touristique de la Terre des Deux Caps, pour les pages de conseils « Tourisme durable » de son site internet

Suggestion : BRAVO pour les conseils « courts séjours sans ma voiture » qui  valorisent deux autres moyens de découvrir la Côte (vélo et bus). Cela pourrait faire l’objet d’une rubrique spéciale Eco-déplacements » plus visible (photo d’un bus OSCAR, photo de la véloroute).

Véloroute:

A ma connaissance, le tracé passe trop à l’écart de la ville, c’est un peu la difficulté de la succession de chemins vicinaux constituant cette portion (non terminée, loin s’en faut!) de la véloroute européenne n°4. Les parcours sont allongés et on passe loin des centres d’intérêt !

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Autres suggestions « vélo » pour la ville de Wissant:

  • multiplier les points de stationnement « vélos »;
  • autoriser (si ce n’est déjà fait) la nouvelle digue aux cyclistes;
  • matérialiser les double-sens vélos (devront être systématiques en zone 30 dès janvier 2016);
  • Mieux contenir le stationnement des voitures;
  • installer un point de location (OT ou privé), avec des VAE comme à Audinghen,  valorisant le vélo aussi en termes de communication: cartes, parcours, visites à vélo.
  • Pour une politique vélo plus poussée, mettre en place un « vélobus-pédibus) entre l’école et le domicile, avec parents, mairie, services de sécurité, associations.
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La nouvelle digue de Wissant un jour d’automne.

Projet Front de Mer de Calais: le parking du palais des congrès…sans le palais des congrès!!

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L’enquête publique sur le projet d’aménagement d’une partie du Front-de Mer vient de s’achever. Au-delà des aménagements « verts » (parc dunaire notamment) autour du Fort Risban, avec lesquels on ne peut qu’être d’accord, l’examen du dossier m’a amené à consigner les observations suivantes:

Le Palais des Congrès prévu étant remis aux calendes grecques, il est étonnant qu’on ait maintenu tels quels les aménagements des abords. La nouvelle voirie, par exemple, n’avait plus lieu d’être;

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1-Parking « paysager » pris sur l’ancien camping; 2-Parkings rassemblés au pied des barres d’immeubles; 3-Parc dunaire; 4-Promenade du perré du Risban; 5-Début de la nouvelle avenue

Tel qu’il est, ce projet relève plus du « Greenwashing »…

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Greenwashing: Garanti pour couvrir tous vos dommages environnementaux  en vous donnant bonne conscience…

…que de la volonté réelle de dispenser de la convivialité et des espaces naturels dans ce secteur actuellement bétonné et venteux ; car l’objectif principal est bien différent, comme il est écrit dans le document d’impact :

il s’agit « d’aménagements qualitatifs qui ont pour objectif de réduire l’impact visuel du stationnement et de la voirie »

 En effet, il s’agit essentiellement de restructuration de parking, avec le tour de force d’occuper au final plus de place au sol qu’auparavant (=zone imperméable plus importante), alors que les places « seraient », pour l’affichage, moins nombreuses. En fait elles seront surtout plus chères, puisque verdies ;
25 % de l’ancien camping, très regretté, qui était déjà une zone de verdure, sera désormais aussi une zone de parking !!!

Le fond du projet reste routier,

avec la création d’un boulevard rectiligne, inutile et coûteux (No 5 du plan) . Pourquoi? Un projet d’aménagement sans route, c’est pas sérieux ?

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L’avenue Poincaré, qui remplit déjà son rôle en permettant la cohabitation suffisante des différents moyens de transport (bus, voiture, vélo, piétons), pouvait rester l’axe principal et se contenter d’un lifting de « circulation apaisée » (zone 30, passages surélevés, verdissement, élargissement des trottoirs en espaces piétons-vélos partagés…). Il y a la place. Au lieu de cela, on y mettra encore du parking !

Ce secteur de la ville n’est pas principalement un lieu de passage. C’est un endroit où l’on se rend pour y rester un bon moment. La convivialité voudrait qu’on y rétablisse par ilots des petites cellules commerciales saisonnières intégrées au paysage (petits restos, boutiques, restauration rapide etc…) comme celles qui donnaient autrefois l’animation à tout ce secteur. C’était avant la politique bétonnée et routière des années 70, qui a fait mourir ce quartier en produisant le « Mur de l’Atlantique » qu’on connaît !

Sécurisation des piétons ? Place du vélo ?

Zone 30 : Pas d’information (existence ou non, étendue). Elle serait évidemment justifiée sur la totalité du secteur, y compris sur le Boulevard de la Mer, s’il est maintenu tel quel.

      Une limitation à 50kmh n’a pas de sens dans ce secteur;

Vélos : idem. Le texte prétend vaguement les « sécuriser ». Comment ? Quelles seront les zones permises ? seulement les couloirs sur la chaussée, avec les portes des voitures en stationnement ? ou toute les zones piétonnes ? La promenade du Risban, qui pourrait être une vraie « voie verte » partagée, leur sera-t-elle interdite ?

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La promenade du perré du Risban en travaux. Elle pourrait sans problème être autorisée aux vélos

Les demandes que j’ai consignées au registre:

Une redéfinition du nouveau boulevard en l’animant comme autrefois avec des cellules commerciales et culturelles tout le long;
La transformation de la nouvelle zone « parking » de l’ancien camping en zone dunaire ;
L’établissement d’une zone 30 sur la totalité des voies de ce secteur ;
La fluidité commune piétons-cyclistes sur le plus possible d’espaces larges prévus pour les piétons, notamment la promenade du Perré du Risban, qui deviendrait ainsi une voie verte.

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Arrêt sans image.

crepe-noirLa vie ne sera plus comme avant mais il ne faut pas s’arrêter de vivre. A la lâcheté des tenants de la haine et de la mort, il faut continuer d’opposer le courage de l’ouverture aux autres et de la tolérance et défendre la paix avec détermination. Dans une guerre classique, on connaît l’ennemi. On peut l’affronter, ou fuir. Ici, rien de cela n’est possible, on ne peut que soupçonner sa présence, ce qui peut tourner à l’amalgame et deviendrait vite l’enfer.
Il nous faut donc pour l’instant apprendre à vivre avec ce risque. En essayant collectivement de le faire baisser le plus possible. Fermement mais sans psychose. Notre peur permanente serait leur victoire. Même si ça paraît difficile, il ne faut pas y céder. On le dit souvent mais c’est vrai : le risque zéro n’existe pas. Cet exemple n’est bien sûr pas comparable sur le fond, mais sur le plan de la peur, au regard des risques que nous connaissons des dangers de la circulation (près de 3400 morts en 2014), nous devrions avoir peur chaque fois que nous prenons la route. Une route qui tuera demain comme aujourd’hui 9 personnes en France. Là non plus, nous ne savons pas où. Sera-ce vous ? Sera-ce moi ?
Personne n’est pourtant sujet à une telle peur. Sans doute est-ce la dispersion qui fait oublier le risque. Il faudrait cependant parvenir à la même maîtrise individuelle face au risque d’attentat. On se rassure comme on peut. Il n’existe pas vraiment d’alternative. C’est mon sentiment.

                                                                                    C. Louchez

Calais: voie SNCF « Marée » abandonnée? Pourquoi pas un vélo-rail?

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A Calais, en ce moment , on a besoin de sujets légers et positifs. Notamment pour le tourisme.

Un vélo-rail, ou rando-rail ou encore cyclo-draisine, est un véhicule ferroviaire léger, propulsé par la force musculaire de ses occupants. Il est équipé de pédaliers comme une bicyclette d’où son nom. Cela en fait une activité ludique, sportive et touristique, permettant de découvrir des paysages depuis un point de vue unique : celui d’une ancienne voie ferrée.

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Une cyclo-draisine

Un ou plusieurs passagers prennent place sur des selles pour les personnes qui pédalent (deux en général sur 4), et sur des sièges pour les autres ce qui rend la machine accessible à tous, en particulier aux personnes handicapées. Des versions individuelles existent aussi.

Une cinquantaine de réseaux de vélo-rail sont répartis sur le territoire français. Installer un vélo-rail sur une voie sncf désaffectée permet de sauver et de valoriser le patrimoine ferroviaire.

Voie Calais-Marée : abandonnée ?

Puisque décidément malgré son encerclement par des voies sncf inutilisées, calais ne disposera jamais de tram-train faute de volonté politique, la question d’un vélo-rail peut se poser pour cette ancienne voie desservant le port. Si elle est abandonnée comme il semble. L’intérêt se situe à plusieurs niveaux :
touristique en saison: promenade traversant des petits espaces naturels (à étudier ?), et pouvant mener au Bassin du Paradis, puis au Phare, voire à la gare.
Parcours santé Hors-saison, cela pourrait également être une activité sportive prescrite dans le cadre du programme « Sport sur Ordonnance ».
Création d’emplois saisonniers, voire d’activités annexes (info-tourisme, resto rapide, café)

Fonctionnement :

Tout est possible. Les départs ont généralement lieu à heures fixes, les draisines circulant en convoi. Un système permet le retournement en bout de course.

Itinéraire:

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Point de départ possible? : Gare de Calais-ville au Canal des Pierrettes (0,9km) Parcours rouge, A à D
Cela semble pouvoir s’envisager, une voie de garage démarrant près de l’Hôtel Metropol. Après 900 mètres,il faudrait alors créer quelques mètres de voie pour rejoindre la voie-marée. Un barrièrage serait aussi peut-être nécessaire.

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Du Pont Jourdan au Bassin du Paradis (2,4km ; 4,8km AR) de D à P
C’est la partie la plus longue. La draisine circulerait la plupart du temps dans un couloir grillagé existant, hors circulation.

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Sortie de la voie-marée du faisceau principal, au nord du Pont Jourdan.
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Croisement avec le chemin des pierrettes. Un lieu suffisant pour installer une »Gare de départ », si la solution Calais-ville est impossible

Il faudrait d’abord créer une Station Vélo-rail de départ à la bifurcation du faisceau de voies utilisées (après le Pont Jourdan, chemin des Pierrettes).

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Arrivée à l’intersection avec l’avenue Coubertin, après avoir traversé une zone verte…

Puis régler deux traversées de rues :
• L’avenue Coubertin au niveau du Pont de Douaumont ;

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Après l’avenue Coubertin, vers le port. Quelles senteurs sauvages l’été en traversant ces buissons…

La rue d’Asfeld

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Traversée de la rue d’Asfeld, vers le port. La voie longe le bassin de plaisance.

Ces traversées peuvent se régler de plusieurs façons : circulation en trains de draisines avec personne accompagnante en uniforme identifié ; autodiscipline des cyclorailleurs ; traversée à pied ; feu rouge etc… l’expérience des réseaux existants sera précieuse).

Du Bassin du Paradis au Phare : 0,4km

Ici, il faudrait accepter le mélange des draisines (en convoi ?) à la circulation générale, la voie-marée circulant au milieu du Bd des alliés. Rien là de sacrilège, cela se fait en Belgique. Et dans bien d’autres villes où calèches et autres rosalies sont mélangées à la circulation. Et puis, il suffirait d’étendre la zone 30 à ce boulevard pavé, à circulation déjà ralentie. Une modification du stationnement serait néanmoins nécessaire.

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Entrée de la voie-marée dans le Bd des Alliés.
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Boulevard des alliés: la voie ferrée est centrale

Du Phare à la Gare centrale ? 1,6km

Là encore, la voie existe, circulant au bord du bassin Carnot pour arriver derrière la mairie au Pont Faidherbe. Si le retour en gare n’est pas possible, il y a, quai du danube, un espace suffisant pour accueillir une station vélorail d’arrivée.

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Barrière voulue « anti-migrants » entravant la voie, près du Bassin Carnot.
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Barriérage à l’entrée du Port, bassin Carnot. La voie est entravée aussi par des plots.
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La voie marée au pont Faidherbe, avant d’entrer sous la gare

Les vélo-rails existants ont souvent plusieurs partenaires : une intercommunalité, RFF, l’Europe, Département, Région. Les coûts sont variables, une draisine 4 places coûte 2 400€HT, ce qui n’est pas excessif.

Au total, on pourrait donc avoir un parcours campagne, ville, port de 5,3km. 10,6km Aller-retour. Aussi bien que les autres vélo-rails de France !

Bien sûr, il y a sans nul doute des contraintes importantes (état de la voie, financement, autorisations, technique, sécurité, port « barricadé » contre les migrants). Mais il convient de les examiner en essayant de les lever (avec des lunettes roses!), pas en décidant par avance que ce n’est pas possible…(les lunettes noires) !! Chiche!

Boulogne: enfin les premiers arceaux pour vélos !!

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Château-Musée, Boulogne-sur-Mer

Je n’aurai pas la naïveté de croire à un effet quelconque de mon premier article sur le vélo à Boulogne, car, connaissant les délais imposés dans les commandes publiques, des arceaux installés en octobre ont nécessairement été commandés il y a plusieurs semaines voire mois. Mais la lecture de cet article a peut-être servi à montrer le caractère pressant…La COP21 a sans doute du bon!!

Néanmoins, ils sont là, depuis fin octobre. Des arceaux classiques solides et de qualité. Mais symboliquement là car peu nombreux pour l’instant. Mais comme on partait de rien…

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Poste centrale
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Rue piétonne

Pour plus d’économie, on pourrait envisager un transfert d’une partie des arceaux de la promenade de la Liane, bien trop nombreux en regard des besoins…

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Gageons que l’effort se poursuivra, par exemple Place Dalton…où il doit bien y avoir quelques cyclistes parmi les clients des cafés et restaurants!

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Calais « bike friendly » ? ou autophile? Le choix semble fait! 10 sur 20

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Depuis vingt ans, la ville s’est dotée, c’est vrai, d’aménagements cyclables non négligeables, pour l’essentiel entre 1996 et 2008:

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Piste du Chemin militaire extérieur

35km de pistes et couloirs cyclables;

CIMG3052plus de 300 arceaux de stationnement répartis devant tous les bâtiments publics, et devant les commerces:

CIMG3161Des sas à tous les feux, qui permettent aux vélos de redémarrer sereinement devant les voitures. Ce qui tempère leur vitesse;

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Une vélostation associative, Opale Vélo Services regroupant diverses activités telles que récupération et remise en état de vélos usagés, animations:

et depuis 2008 :

  • un système de VLS (vélos en libre-service): le Vel’in

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  • quelques doubles-sens cyclables
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Place d’Armes, rue de Thermes

Alors pourquoi une appréciation qui peut sembler sévère ?

Pas de politique globale :
Ces aménagements n’ont jamais pu être inscrits dans une politique volontariste cohérente, impossible à faire adopter. Les aménagements que j’ai obtenus entre 1996 et 2008 ont chaque fois été le fruit d’une lutte pied à pied contre les préjugés, le manque de vision urbanistique, et le culte omniprésent de la voiture, indépendant des clivages politiques.

En effet, pour donner une place plus importante au vélo (ou aux bus d’ailleurs), des moyens simples existent mais ils nécessitent, dans nos villes plus ou moins anciennes, de reprendre un peu de place sur la voiture, afin de repartager l’espace public vers plus d’équilibre et une certaine proximité.

Et là, on se heurte au choix. Car il s’agit bien de choix :

  • Entre sans cesse favoriser la voiture pour laquelle on veut tout l’espace (circulation fluide et stationnement : ronds-points gigantesques, doubles-voies de circulation en ville, parkings démesurés, etc.) avec pour effet un coût astronomique pour le contribuable) ;

Tous ces aménagements routiers sont toujours dimensionnés au maximum, comme si les quelques minutes d’affluence de midi duraient toute la journée ! Un gâchis financier !!

  • ou tenter de redonner plus de place aux autres moyens de déplacements, aussi voire plus efficaces en ville, et bien moins coûteux en termes d’occupation de l’espace, de pollution, et de simple coût économique. Et tellement plus valorisant pour l’image d’une ville moderne !!!

Impossible d’obtenir cette politique urbanistique globale intégrant un rééquilibrage des moyens de transport, non pas que les citoyens n’en voudraient pas, mais parce que la plupart des élus, eux-mêmes exclusivement automobilistes, n’imaginent pas que leur population les suivrait ni même que cela puisse être un besoin. Des études ont eu beau montrer que les élus sont généralement en retrait dans leur perception de ce qu’est prête à faire leur population, leur frilosité reste toujours de mise. Pourtant, dans toutes les réunions publiques, il y a toujours des voix pour réclamer plus de vélos, plus de partage de l’espace pour une ville plus agréable à vivre et moins chère !!.

Alors, Calais, ville « laboratoire social » des transports du XXIème siècle ?

Donc, à Calais, pour l’instant rien d’original pour changer l’image routière de la ville, ni pour s’engager dans une modification significative des habitudes de déplacement. C’est pourtant faisable. Calais dispose d’atouts pour cela:

  • près de 30 % des ménages ne sont pas motorisés. Autant que Paris, mais,pas pour les mêmes raisons : ici, développer le vélo ou les bus est d’abord un enjeu social ;
  • Une ville plate et étalée où les distances sont à portée de vélo ;
  • Une ville refaite en 1950 avec des espaces publics larges, où les différents modes de transport peuvent cohabiter ;
  • C’est ici plus qu’ailleurs un enjeu de santé publique (exercice physique, obésité)

Au lieu de cela, on a des signes négatifs, et des aménagements de voirie parfois néfastes au cycliste :

1. Sur le plan technique :
  • Des aménagements cyclables qui ne sont jamais pensés en continuité (origine-destination, liaison entre centre générateurs : fac, centres commerciaux, lieux de sport, centre ville etc…) , les pistes cyclables apparaissent ça ou là en « cerise sur le gâteau » des projets urbanistiques, sans cohérence ; Avec la règle étrange qui consiste à créer des aménagements là où la voiture est peu présente, sans circulation ni danger.Inutile et coûteux!

CIMG3115Comme ici, quartier universitaire: rue sans circulation, donc sans danger pour les cyclistes. La piste double-sens sert de terrain de jeux;

  • des aménagements routiers (voire autoroutiers en centre-ville)

Pont Jacquard à 4 voies !

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Pont Jacquard

Une voie express au coeur du centre-ville: dangereuse pour les piétons. Et en plus inutile en terme de flux observé!!

Le culte du terre-plein central (centre-ville):

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Bd Jacquard

Ici, plus d’espace pour le cycliste qui a comme solution de rester au milieu et se faire klaxonner, de rouler dans le caniveau, ou de se faire frôler par les voitures ne pouvant (ou ne voulant) respecter  la distance réglementaire de 1,50 m!!

La non utilisation pertinente des voies sur berges et des ponts:

Alors que les voies d’eau sont des voies structurantes disposant de quais utilisables en continuité pour les différents modes de transport, à Calais ce n’est pas le cas;

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Exemple ici à Dunkerque. A Calais, nous avons pourtant les mêmes ponts!

Les ponts du XIXème siècle refaits (pont de Vic, Pont Curie, Hénon, Pont Vétillard) ou non (Pont Mollien, Pont de Saint-Pierre) ne laissent de place qu’aux voitures, à peine les piétons y sont-ils admis ! Ils ne font jamais l’objet d’une réflexion d’aménagement afin d’optimiser les déplacements. La ville de 2015 fonctionne encore avec les ponts du XIXème siècle !!!

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Pont de Vic

L’aberration du Pont de Vic  devenu 2 ponts. Ce qui ne laisse aucune marge de modification de circulation!

Des carrefours dangereux non aménagés (sauf les sas) et de nombreux points noirs pour la sécurité des cyclistes sans cesse ignorés malgré les remontées associatives ; nous y reviendrons.

La non mise en place par la mairie de Calais de la réglementation récente autorisant les cyclistes à tourner à droite au feu rouge:

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Dunkerque, quai du Pôle Marine

Contrairement à Dunkerque, où tous les feux sont équipés. Un arrêté du 12 janvier 2012 prévoit la possibilité pour les cyclistes de tourner à droite lorsque le feu est rouge; le cycliste peut aussi aller tout droit s’il n’y a pas de voie sur la droite;

2 D’un point de vue de politique plus général et de sensibilisation
  • Une politique « autophile » revendiquée et primée!!. Ici pas de contrainte sur la voiture, pas de parkings relais !! Peu de couloirs-bus. Un vrai choix pour le XXIème siècle !!
  • Abandon (2008) de la participation de Calais à la journée « En ville sans ma voiture », sensibilisation grandeur nature aux problèmes de déplacements;

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  • Abandon de l’adhésion au Club des Villes et Territoires Cyclables, association nationale regroupant 1500 collectivités favorables au vélo;
  • Gel du programme « véloroutes » de l’agglomération depuis 2008
  • Un PDU (plan de déplacements urbains) version « light », profil « très bas » pour le vélo ;
  • Pas de zone piétonne;
  • Pas une place sans voiture!
  • Pas de politique globale « vélo » pour l’agglomération, contrairement à ailleurs.
  • Aucune communication réservée au vélopas de plan des pistes cyclables, ni page de conseils aux cyclistes, ni d’infos spécifiques dans le journal municipal;

                  Ici chaque maire fait SI il veut, QUAND il veut, COMME il veut !!

Heureusement, dans la politique « autophile », nous sommes passés de peu à côté de ce qui aurait pu être un des plus grands gaspillages: le parking souterrain de la Place d’Armes!!!

Seules actions en faveur du vélo :
  • la continuité du soutien financier à l’association-vélostation que j’avais créée en 2005-2007, Calais Vélo Insertion, devenue Opale Vélo Services;
  • la mise en place (2010?)d’un système de Vélo en Libre Service (VLS) émanant de Veolia, groupe de l’opérateur transport Calais Opale Bus. Au lieu de complémentarité souhaitée quelques années auparavant, on a eu concurrence entre les deux opérateurs vélo, au détriment bien sûr, de l’acteur associatif.