Calais « bike friendly » ? ou autophile? Le choix semble fait! 10 sur 20

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Depuis vingt ans, la ville s’est dotée, c’est vrai, d’aménagements cyclables non négligeables, pour l’essentiel entre 1996 et 2008:

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Piste du Chemin militaire extérieur

35km de pistes et couloirs cyclables;

CIMG3052plus de 300 arceaux de stationnement répartis devant tous les bâtiments publics, et devant les commerces:

CIMG3161Des sas à tous les feux, qui permettent aux vélos de redémarrer sereinement devant les voitures. Ce qui tempère leur vitesse;

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Une vélostation associative, Opale Vélo Services regroupant diverses activités telles que récupération et remise en état de vélos usagés, animations:

et depuis 2008 :

  • un système de VLS (vélos en libre-service): le Vel’in

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  • quelques doubles-sens cyclables
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Place d’Armes, rue de Thermes

Alors pourquoi une appréciation qui peut sembler sévère ?

Pas de politique globale :
Ces aménagements n’ont jamais pu être inscrits dans une politique volontariste cohérente, impossible à faire adopter. Les aménagements que j’ai obtenus entre 1996 et 2008 ont chaque fois été le fruit d’une lutte pied à pied contre les préjugés, le manque de vision urbanistique, et le culte omniprésent de la voiture, indépendant des clivages politiques.

En effet, pour donner une place plus importante au vélo (ou aux bus d’ailleurs), des moyens simples existent mais ils nécessitent, dans nos villes plus ou moins anciennes, de reprendre un peu de place sur la voiture, afin de repartager l’espace public vers plus d’équilibre et une certaine proximité.

Et là, on se heurte au choix. Car il s’agit bien de choix :

  • Entre sans cesse favoriser la voiture pour laquelle on veut tout l’espace (circulation fluide et stationnement : ronds-points gigantesques, doubles-voies de circulation en ville, parkings démesurés, etc.) avec pour effet un coût astronomique pour le contribuable) ;

Tous ces aménagements routiers sont toujours dimensionnés au maximum, comme si les quelques minutes d’affluence de midi duraient toute la journée ! Un gâchis financier !!

  • ou tenter de redonner plus de place aux autres moyens de déplacements, aussi voire plus efficaces en ville, et bien moins coûteux en termes d’occupation de l’espace, de pollution, et de simple coût économique. Et tellement plus valorisant pour l’image d’une ville moderne !!!

Impossible d’obtenir cette politique urbanistique globale intégrant un rééquilibrage des moyens de transport, non pas que les citoyens n’en voudraient pas, mais parce que la plupart des élus, eux-mêmes exclusivement automobilistes, n’imaginent pas que leur population les suivrait ni même que cela puisse être un besoin. Des études ont eu beau montrer que les élus sont généralement en retrait dans leur perception de ce qu’est prête à faire leur population, leur frilosité reste toujours de mise. Pourtant, dans toutes les réunions publiques, il y a toujours des voix pour réclamer plus de vélos, plus de partage de l’espace pour une ville plus agréable à vivre et moins chère !!.

Alors, Calais, ville « laboratoire social » des transports du XXIème siècle ?

Donc, à Calais, pour l’instant rien d’original pour changer l’image routière de la ville, ni pour s’engager dans une modification significative des habitudes de déplacement. C’est pourtant faisable. Calais dispose d’atouts pour cela:

  • près de 30 % des ménages ne sont pas motorisés. Autant que Paris, mais,pas pour les mêmes raisons : ici, développer le vélo ou les bus est d’abord un enjeu social ;
  • Une ville plate et étalée où les distances sont à portée de vélo ;
  • Une ville refaite en 1950 avec des espaces publics larges, où les différents modes de transport peuvent cohabiter ;
  • C’est ici plus qu’ailleurs un enjeu de santé publique (exercice physique, obésité)

Au lieu de cela, on a des signes négatifs, et des aménagements de voirie parfois néfastes au cycliste :

1. Sur le plan technique :
  • Des aménagements cyclables qui ne sont jamais pensés en continuité (origine-destination, liaison entre centre générateurs : fac, centres commerciaux, lieux de sport, centre ville etc…) , les pistes cyclables apparaissent ça ou là en « cerise sur le gâteau » des projets urbanistiques, sans cohérence ; Avec la règle étrange qui consiste à créer des aménagements là où la voiture est peu présente, sans circulation ni danger.Inutile et coûteux!

CIMG3115Comme ici, quartier universitaire: rue sans circulation, donc sans danger pour les cyclistes. La piste double-sens sert de terrain de jeux;

  • des aménagements routiers (voire autoroutiers en centre-ville)

Pont Jacquard à 4 voies !

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Pont Jacquard

Une voie express au coeur du centre-ville: dangereuse pour les piétons. Et en plus inutile en terme de flux observé!!

Le culte du terre-plein central (centre-ville):

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Bd Jacquard

Ici, plus d’espace pour le cycliste qui a comme solution de rester au milieu et se faire klaxonner, de rouler dans le caniveau, ou de se faire frôler par les voitures ne pouvant (ou ne voulant) respecter  la distance réglementaire de 1,50 m!!

La non utilisation pertinente des voies sur berges et des ponts:

Alors que les voies d’eau sont des voies structurantes disposant de quais utilisables en continuité pour les différents modes de transport, à Calais ce n’est pas le cas;

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Exemple ici à Dunkerque. A Calais, nous avons pourtant les mêmes ponts!

Les ponts du XIXème siècle refaits (pont de Vic, Pont Curie, Hénon, Pont Vétillard) ou non (Pont Mollien, Pont de Saint-Pierre) ne laissent de place qu’aux voitures, à peine les piétons y sont-ils admis ! Ils ne font jamais l’objet d’une réflexion d’aménagement afin d’optimiser les déplacements. La ville de 2015 fonctionne encore avec les ponts du XIXème siècle !!!

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Pont de Vic

L’aberration du Pont de Vic  devenu 2 ponts. Ce qui ne laisse aucune marge de modification de circulation!

Des carrefours dangereux non aménagés (sauf les sas) et de nombreux points noirs pour la sécurité des cyclistes sans cesse ignorés malgré les remontées associatives ; nous y reviendrons.

La non mise en place par la mairie de Calais de la réglementation récente autorisant les cyclistes à tourner à droite au feu rouge:

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Dunkerque, quai du Pôle Marine

Contrairement à Dunkerque, où tous les feux sont équipés. Un arrêté du 12 janvier 2012 prévoit la possibilité pour les cyclistes de tourner à droite lorsque le feu est rouge; le cycliste peut aussi aller tout droit s’il n’y a pas de voie sur la droite;

2 D’un point de vue de politique plus général et de sensibilisation
  • Une politique « autophile » revendiquée et primée!!. Ici pas de contrainte sur la voiture, pas de parkings relais !! Peu de couloirs-bus. Un vrai choix pour le XXIème siècle !!
  • Abandon (2008) de la participation de Calais à la journée « En ville sans ma voiture », sensibilisation grandeur nature aux problèmes de déplacements;

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  • Abandon de l’adhésion au Club des Villes et Territoires Cyclables, association nationale regroupant 1500 collectivités favorables au vélo;
  • Gel du programme « véloroutes » de l’agglomération depuis 2008
  • Un PDU (plan de déplacements urbains) version « light », profil « très bas » pour le vélo ;
  • Pas de zone piétonne;
  • Pas une place sans voiture!
  • Pas de politique globale « vélo » pour l’agglomération, contrairement à ailleurs.
  • Aucune communication réservée au vélopas de plan des pistes cyclables, ni page de conseils aux cyclistes, ni d’infos spécifiques dans le journal municipal;

                  Ici chaque maire fait SI il veut, QUAND il veut, COMME il veut !!

Heureusement, dans la politique « autophile », nous sommes passés de peu à côté de ce qui aurait pu être un des plus grands gaspillages: le parking souterrain de la Place d’Armes!!!

Seules actions en faveur du vélo :
  • la continuité du soutien financier à l’association-vélostation que j’avais créée en 2005-2007, Calais Vélo Insertion, devenue Opale Vélo Services;
  • la mise en place (2010?)d’un système de Vélo en Libre Service (VLS) émanant de Veolia, groupe de l’opérateur transport Calais Opale Bus. Au lieu de complémentarité souhaitée quelques années auparavant, on a eu concurrence entre les deux opérateurs vélo, au détriment bien sûr, de l’acteur associatif.
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