Calais « Coeur de Vie »: de la dentelle contre les indésirables!

Début novembre 2015. Habitué des emplettes à vélo au centre commercial « Calais Coeur de Vie », je remarque l’installation de barrières blanches ouvragées (imitation dentelle) semblant à la fois vouloir canaliser les passants sortant ou entrant dans le Centre Commercial et définir (?) des terrasses pour les deux commerces adjacents (un restaurant et une viennoiserie).

CIMG3259
Entrée Sud des 4B. Novembre 2015

Après enquête, aucun commerçant ne souhaitait de terrasse. Cet espace étant totalement public, je me demandais quelle pouvait bien être la motivation réelle d’une telle installation, que rien de logique ne paraissait justifier. L’aménagement semblant privatiser l’espace de chaque côté de ce nouveau passage délimité et fermant par quatre portillons (toujours ouverts) dont les commerçants ont la clé.

Accessoirement, les 4 arceaux-vélos  maintenant enfermés dans ces deux espaces ont été supprimés. Toujours au plus près des besoins des cyclistes, la ville ignore qu’ils sont utilisés en permanence. Les cyclistes ne sont donc plus des clients bienvenus ! Avec la nouvelle configuration, pas d’autre place possible. Résultat: des vélos attachés aux barrières blanches! Plutôt contre-productif!!

En fait, la vraie raison de ces barrières est sous-jacente, non-dite, une politique sécuritaire qui avance avec le masque du ré-aménagement : elles ont été installées pour empêcher (sans doute illusoirement) les jeunes de se réunir là comme ils le faisaient de manière informelle depuis l’ouverture de ce centre. Il faut dire que c’est l’endroit le plus ensoleillé.

Qui a pu demander ces barrières? Pas les commerçants. Pas les riverains non plus, il n’y en a quasiment pas! quant aux clients, ils ne font que passer. Moi qui fréquente très souvent et depuis longtemps ce passage, je n’ai jamais été entravé par quelque jeune que ce soit. Pas de réelles dégradations non plus, parfois des discussions un peu bruyantes, tout au plus. En fait, il s’agirait d’une demande de la maire elle-même.

Depuis le début (2006), on a assisté à une course minimaliste dans le « dés-aménagement »  de cette entrée : d’abord conviviale avec des fontaines et des arbres exotiques offrant des endroits pour s’asseoir, on a ensuite remplacé brièvement les fontaines par des enclos vides, puis supprimé les enclos. Plus question de s’asseoir. Puis ce furent les jardinières basses avec ces barrières blanches.

CIMG3801
Entrée principale: ancien banc circulaire transformé en…jardinière sans plantes!

Les cyclistes sont aussi les victimes collatérales de cette politique sécuritaire tournée contre les supposés indésirables. Curieux dans un endroit « Coeur de Vie »voulu comme le fleuron du « renouveau calaisien ».

CIMG3822

Restriction de l’espace public: la réponse de la ville.

Car en y réfléchissant, la presque totalité des endroits conviviaux de ce centre ont été petit à petit supprimés, sans que ça n’émeuve personne: une espace entre le rdc et l’étage, puis les bancs (intérieurs et extérieurs), et maintenant on installe des barrières. Plus question de stationner (la voiture, si!!) ou de s’asseoir dans  les allées, au demeurant plutôt vides. Mais en supprimant les bancs, on pénalise aussi notamment les personnes âgées.

A Calais Coeur de Vie, on y va  pour consommer et vite rentrer chez soi sans traîner. C’est à peu près ainsi qu’on peut résumer ces politiques de restriction de l’espace public.

La prévention situationnelle (voir article de Camille Gosselin, Métropolitiques)

Cette politique plus large, qui sévit dans la rénovation urbaine depuis une dizaine d’années, consiste à envisager l’aménagement des villes et notamment des quartiers sensibles en ne négligeant pas les aspects sécuritaires. Son nom: la « prévention situationnelle », qui postule que le contexte physique et environnemental du délit est déterminant dans le passage à l’acte du délinquant. Mais s’il est normal de ne pas ignorer les aspects sécuritaires dans les aménagements, il l’est beaucoup moins que cette préoccupation légitime devienne centrale quoique non dite, au point que l’on passe…

…de la sécurité des aménagements aux aménagements sécuritaires.

C’est ce à quoi on assiste aujourd’hui, à Calais notamment mais pas seulement. Peut-être même pas de manière consciente de la part des décideurs. Deux verbes peuvent convenir à merveille: supprimer et minéraliser! Mais à force de limiter les espaces publics de déambulation et de rencontre, on amène progressivement les individus à ne se trouver bien que dans leur espace privé. Ce qui va plutôt dans le sens de la fermeture sur soi, de la peur des autres. Pas très bon pour la cohésion sociale…

Il ne s’agit pas de nier les problèmes de délinquance. Il faut les envisager dans leur réalité, mais sans fantasme. Le constat est simple: on ne traite pas les causes de fond qui rendent la société malade. Alors au lieu de répondre humainement à l’occupation de l’espace public (présence humaine, médiation etc…), on se contente de le restreindre en pénalisant l’ensemble des citoyens (fermeture des parcs et jardins, suppression des bancs etc…). C’est en fait la réponse de l’impuissance.

La voiture, elle, n’est jamais concernée par cette « prévention situationnelle ». Sa place est jalousement préservée sur tout l’espace public!

A Calais, d’autres chantiers en projet:

La vague de fond de cette politique sécuritaire continue : On a abattu des centaines d’ arbres sur le site d’Eurotunnel pour que les migrants ne puissent « s’y cacher ». Un scandale écologique et social qui n’a ému personne. Et dont personne n’est évidemment comptable. Une mesure grave, définitive, et sans commune mesure avec la situation!

Maintenant, ce sont les jardins publics : lisibilité et visibilité sont les maîtres mots. Plus d’arbres (ou alors des maigrichons). Et des plantes de 50 cm, pas plus. Jardins grillagés toujours fermés, ou massacres de haies et autres buissons. La sensation d’insécurité supposée aura raison de la biodiversité et de la protection contre le vent!

CIMG3798
Un jardin public qui ne l’est plus puisque toujours fermé! Du provisoire qui dure!
CIMG3797
Jardin Richelieu: suppression en cours de toutes les haies, trop fréquentées par les migrants (??). Les petits espaces délimités mais ouverts ayant disparu, la convivialité future saute déjà aux yeux. Face aux courants d’air et à la nouvelle visibilité, plus personne n’ira s’asseoir là. On peut aussi supprimer les bancs!!

Autrefois, c’est vrai, les jardins publics étaient clos. Mais à l’intérieur, il y avait de la présence (gardien) pour veiller au bon fonctionnement. Il y avait aussi des toilettes, que les migrants pourraient utiliser si elles existaient encore!

Il est incroyable qu’au moindre problème, la réponse de la ville soit la fermeture d’un espace public au lieu d’expérimenter plus de dialogue, de médiation  et de responsabilisation, ce que font pourtant  sur le terrain les agents de sécurité du centre.

Alors, quelle sera la prochaine étape de cette politique?

Déjà, la maire vient de décider d’armer encore un peu plus la police municipale.

A quand la suppression des bancs au Théâtre et Place d’Armes? Ou l’arasement de la promenade des Squares? Beaucoup de migrants s’y réunissent sans doute…La Tour du Guet aussi, sera peut-être fermée!!

tdguet-grilles
Tour du Guet, XIIIème siècle. Photo montage

Publicités

La Côte d’Opale, c’est aussi ça…

« Photo-vélo » d’hiver: janvier 2016…

CIMG3782
Calais: plage
CIMG3764
Calais: digue et chalets…
CIMG3759
Calais: bassin du Paradis
CIMG3769
Calais: jetée ouest
CIMG3785 (2)
Calais: vue du Fort Risban
CIMG3750
Calais: Cité de la Dentelle et de la mode: façade…
CIMG3753
Calais: Cité de la Dentelle et de la Mode: cour intérieure
photos gris nez 005
Blanc-Nez et baie de Wissant

 

Photo-vélo d’été: Juillet 2015…

CIMG3028
Flobart: Tardinghen
CIMG3009
Audresselles
CIMG3031
Véloroute: portion vers Audinghen
CIMG2862
Voie verte Ambleteuse-Audresselles

 

CIMG2717
Calais: toits de chalets. Au fond, les côtes anglaises. Illusion de proximité car il y a en fait 28km. D’autant plus insupportable pour les migrants qui voient ainsi souvent leur « Eldorado » sans (presque) jamais pouvoir l’atteindre…
photos gris nez 016
Fort d’Ambleteuse

 

 

Bikes vs cars (2015): le film qui montre le combat des cyclistes dans les grandes villes du monde.

Traduction du texte paru sur « Bikes vs cars« . Videos sans sous-titres, lisez le texte.

The bicycle, an amazing tool for change. Activists and cities all over the world are moving towards a new system. But will the economic powers allow it? Bikes vs Cars, a new film project from BANANAS!* and Big Boys Gone Bananas!* director Fredrik Gertten, looks into and investigates the daily global drama in traffic around the world.

Le vélo, un outil étonnant pour le changement. Partout dans le monde, des militants « vélo » et des villes sont en train de passer dans un nouveau système. Mais les puissances économiques l’autoriseront-elles ? « Bikes vs cars » (bikes versus cars= Les vélos contre les autos) du réalisateur suédois Fredrik Gertten regarde et enquête dans le drame quotidien global de la circulation dans le monde.

Climate change and never-ending gridlocks frustrate people more than ever. Instead of whining, people in cities around the world take on the bicycle as a Do It Yourself solution. Road rage and poor city planning creates daily death amongst the bicyclists. And now they demand safe lanes.

Le changement climatique et les embouteillages sans fin frustrent les gens plus que jamais. Au lieu de se plaindre, des citadins dans des villes du monde envisagent le vélo comme une solution à mettre soi-même en place. L’agressivité au volant et un urbanisme lamentable amènent la mort chaque jour chez les cyclistes. Et maintenant ils exigent des couloirs sécurisés.

It’s an uneven fight. Activists and politicians that work for change are facing a multi-billion dollar car, oil and construction industry that use all their means to keep society car dependent. We know that the world needs radical changes to save the climate and the environment, but the car industry is selling more cars than ever. Today there are one billion cars in the world. By 2020, that number will double.

C’est une lutte inégale. Les activistes et les politiques qui agissent pour le changement font face à une industrie multi-milliardaire en dollars de l’automobile, du pétrole et de la construction qui utilisent tous les moyens pour maintenir la société dans cette dépendance à la voiture. Nous savons que le monde a besoin de changements radicaux pour sauver le climat et l’environnement, mais l’industrie automobile vend plus de voitures que jamais. Aujourd’hui un milliard dans le monde, le double vers 2020.

The film will follow the individuals around the world that are fighting to create change. We meet Aline at Sao Paulo’s Ciclofaxia, the weekly Sunday ride where one lane of Paulista Avenue is opened for bikes only. Aline is an inspirational person in the city’s bicycle movement, who tries to focus on the positive aspects of being a cyclist. But that can be difficult in a city where one bicyclist is killed every four days. And in Toronto, where mayor Rob Ford strips away the city’s bike lanes in his battle to win the “war on cars,” we watch as members of the Urban Repair Squad infiltrate the streets at night, using spray paint and stencils to replace them.

bikesvscars2

Le film va suivre de par le monde les individus qui se battent pour créer le changement. On verra Aline de la Ciclofaxia de Sao Paulo lors de la balade hebdomadaire du dimanche Avenida Paulista où un couloir est réservé aux vélos seulement. Aline est une personne phare dans le mouvement vélo de la ville, qui essaie de mettre l’accent sur les aspects positifs d’être cycliste. Mais ça peut être difficile dans une ville où un cycliste est tué tous les quatre jours. Et à Toronto, où le maire Rob Ford enlève les pistes cyclables de la ville dans son combat pour gagner  la « guerre contre les voitures », nous verrons comment les membres du Urban Repair Squad (Equipe de Réparation Urbaine) s’infiltre dans les rues avec des bombes de peinture la nuit pour les rétablir.

From bike activists in Sao Paulo and Los Angeles, fighting for safe bike lanes, to the City of Copenhagen, where forty percent commute by bike daily, Bikes vs Cars will look at both the struggle for bicyclists in a society dominated by cars, and the revolutionary changes that could take place if more cities moved away from car-centric models.

Des activistes vélo à Sao Paulo et Los Angeles, se battant pour des pistes cyclables sûres, à la ville de Copenhague où 40 % des habitants se déplacent à vélo quotidiennement, « Bikes vs cars » montre d’une part le combat pour les cyclistes dans une société dominée par les voitures, et d’autre part les changements révolutionnaires qui pourraient se produire si plus de villes se mettaient à sortir des modèles « auto-centrés ».

Autre bande-annonce

Le film entier peut être vu (version payante) sur vimeo

Marck « bike-friendly » ? 05 sur 20

CIMG2880
Marck, mairie

Ce premier article sur Marck et le vélo analyse la situation. Des propositions seront formulées par la suite.

pas_content

Comme deuxième ville de l’agglomération calaisienne (10 175 h) et donc du Sitac, organisme chargé des transports, Marck dispose sur son territoire de plusieurs stations (4) du Vel’in, le système de vélos en libre service (VLS).
Cela signifie-t-il pour autant une volonté forte de la municipalité en matière de vélo, rien n’est moins sûr…

D’abord en termes de cohésion du territoire communal. Marck est une commune multipolaire très étendue, constituée en plus du noyau central, de deux hameaux importants et éloignés, le Fort Vert et les Hemmes :

  • Pas de station VLS, ni au Fort Vert, ni aux Hemmes, alors que l’intérêt est évident, pour rejoindre tous les services du centre ville, par exemple.
  • Aucun sens unique n’est autorisé aux vélos;
  • Aucun aménagement cyclable de sécurité entre le centre et le Fort Vert sur la RD 248, axe de liaison rectiligne pourtant essentiel de 3km, dont les bas-côtés, suffisamment larges pour être aménagés, permettraient aux cyclistes aujourd’hui téméraires de ne pas se faire frôler par des voitures à 100kmh !!! J’ai évoqué ce problème il y a douze ans au moins avec le pourtant Conseiller Général Maire Serge Péron. Sans succès. Le nouveau maire-Conseiller départemental sera-t-il plus « vélo » que l’ancien ?
WP_20150719_015
La RD 248 entre Marck Centre et le Fort Vert: de grandes surlargeurs qui attendent une piste cyclable…

Dommage que pour l’instant les élus successifs de cette ville de plaine, assez étendue, n’aient pas encore pris la mesure de la tendance actuelle à favoriser le vélo. Marck a tout pour devenir une ville « cyclable », quelques aménagements de sécurité peu coûteux suffiraient à répondre aux habitants, qui ont des demandes en la matière (Réunion publique de début octobre 2015).

Encore une ville qui ne voit pas l’intérêt qu’elle pourrait tirer d’une politique vélo (satisfaire la population, améliorer la sécurité des jeunes cyclistes, donner une image spécifique et positive à la ville, etc…).

Véloroute?

A ce propos, la seule réponse de la mairie aux demandes de sécurité vélo a été de parler de la véloroute du Littoral (EV4) qui passera le long du canal de Marck, et dont le département aurait programmé le financement pour 2016 d’une portion marckoise. Sauf que cette véloroute, quand elle verra le jour, ne traitera pas la moitié de la RD248 (voir carte).  La sécurité des cyclistes n’est pas ici une priorité, puisqu’on ne fait que peu d’aménagements utiles. On attend que le Département s’en occupe!

marck veloroute

CIMG3694
Pont de l’avenue de Verdun: la véloroute devrait passer là…

Si elle se penchait sur la question, la ville pourrait déjà compléter un itinéraire de promenade agréable en aménageant la rue du Canal , au moins entre le pont de l’aéroport et celui de l’Avenue de Verdun. Cette portion serait à aménager sur la berge sud, l’autre étant interdite pour d’obscures raisons de sécurité à cause de la proximité de l’aéroport très fréquenté (???) de Calais-Marck.

L’Avenue de Calais: du greenwashing dangereux!

CIMG3688
Marck – Avenue de Calais

L’artère principale de la ville, l’Avenue de Calais, a cependant fait l’objet d’aménagements il y a plusieurs années. Mais ici le « culte du terre-plein central« , culte autophile des années 90-2000 a encore frappé: sur la piste cyclable ainsi devenue étroite, souvent non respectée par les voitures dans les parties en « zig-zag » (eh oui!), on se fait frôler à quelques centimètres!

CIMG3689
Une belle piste en zig-zag: autant dire impraticable et dangereux!!
CIMG3691
Terre-plein central: même quand la place manque, il faut en inventer un!! A chaque fois autant d’espace en moins pour les vélos!!

Il y a pourtant quelques pistes cyclables et cheminements piétons-vélo, comme celui qui relie le pont de l’aéroport à la Ferme des Aigrettes, traversant le stade. Mais la cohérence d’ensemble, la continuité et la définition d’itinéraires font toujours défaut.

CIMG3703

CIMG3345
Piste double-sens sur trottoir
CIMG3705
Ferme des Aigrettes

Une vraie politique cyclable consiste plus à aménager sérieusement pour les cyclistes les voies importantes à circulation dangereuse qu’à installer des pistes cyclables luxueuses mais peu utiles dans les quartiers résidentiels à faible circulation. Dans ce dernier cas les bureaux d’études et autres cabinets d’architectes se font souvent plaisir en proposant aux élus ces aménagements dispendieux et sans cohérence d’ensemble, comme « cerise sur le gâteau » vendeuse du projet. Il faut savoir faire le tri pour bien utiliser l’argent du contribuable. Force est de constater que ce n’est pas toujours le cas! Les bureaux d’études non spécialisés « vélo » ne connaissent pas vraiment cette problématique. Si l’élu n’est pas lui-même cycliste et donc connaisseur, il a tout intérêt, s’il se préoccupe d’améliorer sa ville, à prendre les avis éclairés des habitants-cyclistes eux-mêmes, qui proposeront des aménagements de bon sens.

Le stationnement:

Quasi inexistant! J’ai eu beau chercher, pas un arceau de stationnement en centre ville, ni près des commerces, ni devant les bâtiments publics. Seuls quelques commerces (tabac, pharmacie, boucherie) ont installé un « pince-roues » pour pallier l’indifférence municipale. Et à la mairie, bien sûr, beaucoup de fleurs mais impossible de garer son vélo sinon de manière acrobatique comme l’a fait cet ado!!

CIMG2879
                            Mairie de Marck, porte d’entrée, 13/08/2015

CIMG3693

Près de l’église: s’il s’agit d’un parking pour vélos, je vous mets au défi de faire tenir votre monture sur ces pince-roues instables. Inutile, sans doute coûteux…et mal entretenu!

CIMG2890

Pas davantage de stationnement dans les hameaux, même devant les réalisations récentes, comme cette magnifique « Maison des Islandais », néanmoins dotée d’un très beau parking (pour voitures, bien sûr!)

A Marck, seule la grande distribution semble penser aux clients à vélo, grâce à ce pince-roues qui a le mérite d’exister, comme le montre cette photo de supermarché. Ces clients vont sans doute pourtant ailleurs dans la commune!! Mais cette dernière les ignore…

CIMG3702

Cyclistes autorisés à contre-sens dans les zones et voies limitées à 30kmh: à Calais aussi?

Contresens-STG-074

Depuis le 1er janvier, le Double-Sens Cyclable (DSC), c’est-à-dire l’autorisation pour les cyclistes de rouler à contre-sens dans les rues à sens unique (pour les voitures) devient la règle dans toutes les zones 30 et les voies limitées à 30kmh et moins.

Cette mesure facilitant la vie des cyclistes, applicable depuis le début de l’année, résulte des dispositions du PAMA (Plan d’Actions pour les Mobilités Actives) et de son décret du 08 juillet 2015, dont nous avons déjà parlé (voir article du 27-10-2015 )

Sauf à avoir pris avant le 31-12-2015 un arrêté contraire, les maires ne pourront s’y opposer. Il faudrait alors qu’ils expliquent pourquoi ils se refusent à faciliter tant soit peu le déplacement des cyclistes!

Et à Calais ?

Pour l’instant, ici, rien ne semble avoir changé. Il faut dire que la « 1ère ville autophile de France » dispose de peu de zones 30 (et pas de zone piétonne!!), mais cette mesure concerne tout de même un certain nombre de voies, telle la rue Philippine de Hainaut, rue de la Victoire, rue Neuve, les rues de Lodi et voisines, rue G. Cuvelier etc. ainsi que dans d’autres quartiers.

Espérons aussi que ce soit l’occasion pour étendre ces zones 30 et y inclure les voies qui devraient en faire partie depuis longtemps (rue Charost, par exemple)

CIMG3178

Gageons que la municipalité fasse rapidement les adaptations nécessaires pour se mettre en conformité avec cette loi, et qu’elle saura utiliser tous les ressorts de la pédagogie. Il est en effet important pour la sécurité, en plus des panneaux signifiant l’existence de DSC, de rendre visible au sol pour les automobilistes la présence d’un espace cycliste à contre-sens. Cela peut se faire par un couloir si l’espace le permet, sinon, par un petit logo vélo répété régulièrement. Ce qui s’est fait autour de la Place d’Armes doit se généraliser .

On devrait donc voir fleurir les panneaux  suivants :

interdit-sauf-velodsc

Rappelons qu’en cas d’accident dans un sens unique, le citoyen pourra se retourner contre la ville, si celle-ci n’a pas mis en place la réglementation officielle.

La ville de Calais en profitera-t-elle pour se mettre aussi en conformité avec l’arrêté du 27-01-2012 autorisant les cyclistes à tourner à droite au feu rouge…?  (Comme ici à Dunkerque)

CIMG3304

Baisse continue de l’essence et du diesel : un mauvais coup de plus après la COP21 !

pompe_a_essence2

Une fois n’est pas coutume : dans le cortège habituel des hausses de la nouvelle année, le prix de l’essence et du gazole dénotent, puisque malgré la petite hausse prévue (3,5c pour le diesel et 2c pour l’essence), c’est la baisse du prix à la pompe qui marque les esprits depuis plusieurs mois.
Les causes de la baisse du prix du brut résultent d’une surproduction mondiale et d’une demande qui stagne, notamment depuis que la chine affiche une croissance économique à la baisse. Mais cela résulte aussi de l’exploitation (des plus polluantes qui soient!!) de nouveaux types de pétroles, dans les schistes aux USA et les sables bitumineux au Canada.

Eh non, la stagnation de la demande ne résulte pas, je vous rassure, de l’accélération au niveau mondial de la nécessaire transition énergétique par ailleurs abondamment évoquée !

Et cela ne risque pas de s’arranger :

Car aucun des commentaires lus dans la presse ne se place du point de vue environnemental pour évoquer les conséquences de cette baisse.

Dans une représentation du monde passéiste encore très axée sur l’omniprésence du pétrole chez les décideurs, on pouvait commencer à compter sur un pétrole devenu cher pour se poser la question des alternatives, et ce même sans se préoccuper de l’aspect écologique. Mais avec ce pétrole qui baisse sans arrêt (-25 % pour le diesel, -44 % sur le fioul domestique depuis deux ans), qui va persévérer dans la voie « COP21 » ?
Cette baisse du prix de l’essence à la pompe apparaît comme un signe positif aux particuliers et aux entreprises en termes de pouvoir d’achat et de facture énergétique globale, mais c’est un mauvais signe du point de vue de la transition énergétique, en terme d’incitation ou de pédagogie.

Car qui va s’engager davantage vers une transition si le prix du carburant ne l’y contraint plus ?

  • Les compagnies de transport routier ?
  • Les compagnies aériennes ?
  • Les particuliers pour organiser différemment leurs déplacements ?
  • Les constructeurs français pour diminuer la production de véhicules Diesel et vulgariser l’électrique?

Sûrement pas !!

Eviter ce coup de frein à la transition énergétique dans les mentalités aurait sans doute été possible. Déjà en tenant les engagements de réduire l’écart entre le prix du gazole et celui de l’essence. Mais ça n’aura pas lieu en 2016, comme il était pourtant prévu !!

Pas facile mais possible. En ne répercutant que très peu la baisse du brut à la pompe, en augmentant d’autant la part des taxes. Le surplus de taxes ainsi obtenu étant bien sûr clairement affecté à la transition énergétique. Ces taxes vont bien augmenter, mais très peu.

Cela aurait pourtant évité le message subliminal induit par cette situation :

       Vous pouvez rouler plus, et polluer plus, puisque c’est moins cher !

Une fois de plus, où est la priorité?