Aires de covoiturage: vers un partenariat public-privé?

 

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Apparu de manière confidentielle il y a plusieurs années, le covoiturage, c’est-à-dire l’utilisation par plusieurs personnes de la voiture d’une d’entre elles pour effectuer un trajet, s’est depuis développé jusqu’à devenir une pratique de déplacement très courante, en premier lieu pour les jeunes générations, mais aussi de plus en plus chez les moins jeunes. Il faut dire que le système est souple et offre plein d’avantages :

 

 

  • Un prix abordable : 45 % du prix du billet de train équivalent (Un Calais-Lille de 7,20 à 8,40€ au lieu de 19€ en billet plein tarif Sncf) ;
  • Une souplesse d’utilisation due à l’offre importante de covoitureurs. Pour presque n’importe quel trajet, on trouve facilement un véhicule, même la veille : exemple Calais-Lille, au moins 10 liaisons chaque jour ;
  • Un système de réservation sûr et performant ;
  • Une « empreinte écologique » acceptable, puisque la voiture est souvent remplie.

C’est aussi une pratique qui rend les conducteurs vertueux : des études récentes montrent que le fait de transporter des personnes responsabilise les conducteurs davantage que la moyenne, ce qui place ce mode de transport parmi les plus sûrs. (Voir article)

La pratique augmentant, elle amène aussi la concurrence à réagir, notamment la SNCF, avec la création des trains et des bus Ouigo, alignés sur les prix du covoiturage ( Comment le covoiturage fait baisser le prix du train!)

Aires de covoiturage : les collectivités s’y mettent.

Des aires de covoiturage ont existé dès le début, de manière spontanée car il fallait bien un point de rendez-vous pour éventuellement laisser son véhicule afin de monter dans un autre. C’est naturellement les parkings existants situés à des points stratégiques qui ont été utilisés (sorties d’autoroute, gares etc.). Parmi ces parkings, ceux des zones commerciales étaient tout indiqués.

Accompagnant ce mouvement, les collectivités publiques s’y mettent, selon qu’elles choisissent ou non de valoriser le covoiturage.

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Bravo au Conseil Départemental du Pas-de-Calais qui, tout en n’étant pas un précurseur, accompagne désormais le covoiturage en construisant des aires spécifiques. Mais cela ne peut se faire que sur des terrains dont il est propriétaire.

Dans le Calaisis, il y a trois aires publiques du CD62 :

  • Celle dite des Deux-Eglises, à Nouvelle-Eglise, en sortie de l’A16 (66 places), de loin la plus importante.

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Un abri a été prévu pour les vélos (?)
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photo Nord-Littoral

 

Un distributeur automatique de légumes a même été installé sur place par l’association Terre d’Opale, une plateforme de production et de diffusion de produits locaux, bio et solidaires, issus de fermes locales. C’est l’association Les Anges Gardins qui en est à l’origine.

 

  • Celle de Guînes : (15 places)

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  • Celle, plus éloignée, de Saint-Folquin (48 places)

Des aires « sécurisées » ?

Ces aires procèdent d’une bonne intention, mais ont un travers. Elles sont dites sécurisées, en réalité, elles ne le sont pas vraiment, puisqu’elles sont ouvertes et ne sont pas gardées. Alors qu’avant, les voitures des covoitureurs se trouvaient anonymement mélangées aux autres sur des parkings, elles se retrouvent maintenant identifiées sur ces zones comme des véhicules qui vont rester longtemps sans leur propriétaire, ce qui crée un risque supplémentaire.

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Pourquoi ne pas imaginer des aires accessibles sur badge, avec une adhésion à un site local de covoiturage ?

Et à Calais ?

Alors que de très nombreux Calaisiens utilisent le covoiturage, la ville semble s’y mettre aussi. Depuis peu une aire de covoiturage assez sommaire est en fonction à la sortie A16 Route de Saint-Omer. Rien de comparable avec celle des Deux-Eglises. La réalisation d’une seconde aire est programmée Rue jean Rostand (Sortie A16 Porte de l’Industrie),  un endroit qui ne semble pas très générateur.

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Aire près de la Route de St-Omer: seul un panneau la signale…
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Future aire Porte de l’Industrie

Partenariat public-privé ?

Les aires créées ex-nihilo par les collectivités sont-elles la meilleure solution ? En zone rurale sans doute, mais peut-être pas en zone urbaine ou à proximité :

  • il y a peu ou pas de terrains disponibles ;
  • l’impact environnemental est mauvais, puisqu’on ajoute encore du parking, au détriment des zones vertes ou des terres agricoles, et on imperméabilise davantage les sols ;
  • ces réalisations sont coûteuses ;
  • les covoitureurs utilisent des parkings déjà existants, qui sont souvent les mieux placés et qui sont privés (zones commerciales)

Il pourrait être plus pertinent de rechercher avec les propriétaires de parkings existants une collaboration permettant à la ville d’y aménager des zones de covoiturage. Le coût plus bas permettrait peut-être de réaliser des zones vraiment sécurisées.

Aires « publiques-privées »: le département du Bas-Rhin précurseur :

C’est ce que dit, en 2013, son « schéma des aires de covoiturage 67:

« La stratégie historique (du CD67) consistant à l’aménagement spécifique d’aires de covoiturage n’est plus privilégiée compte-tenu de l’impact environnemental de ces aménagements (consommation de foncier), de leur coût économique et des potentialités offertes par les parkings publics ou privés aménagés sur le territoire et parfois sous-occupés durant tout ou partie de la journée ». (page 40)

Du bon sens. Gagnant-gagnant. Le tout clarifié dans une convention.

Pour le propriétaire du parking, ce partenariat permet :

  • d’organiser une pratique déjà avérée sur son parking ;
  • de valoriser l’image de l’enseigne (développement durable, éco-responsabilité) ;
  • d’amener éventuellement de nouveaux clients.

Pour la collectivité (ville, agglomération) :

  • Multiplier les aires et valoriser la pratique du CV ;
  • fournir des emplacements sécurisés, aménagés et bien placés ;
  • limiter les coûts en investissement.

A Calais, la Zone Curie ?

Elle devrait faire l’objet de ce partenariat. C’est l’emplacement le plus utilisé pour le covoiturage, car le plus près de la sortie Saint-Pierre et du centre ville. Le grand parking de la zone (600 places au moins) est, comme toujours, sous-utilisé. D’autres parkings plus petits servent aussi.

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Un accès direct près du rond-point serait même possible.

Ces actions nécessiteraient avant tout la prise en mains par la ville (ou l’agglo) de ce dossier, avec d’abord une étude des pratiques d’usage et des lieux pertinents, et ensuite une concertation avec les enseignes privées (sorties d’Autoroute) pour aboutir à la réalisation.

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