Ardres « bike-friendly » ?03 sur 20 !

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S’il y a bien une constance dans les bourgades du Calaisis, c’est la non prise en compte du vélo comme moyen de déplacement. Ni comme atout touristique, ce qui est plus grave. Ardres, petite ville pittoresque de près de 4 300 âmes, n’échappe malheureusement pas à la règle.

Comme Audruicq ou Guînes, elle a pourtant tout pour être une petite ville cyclable bien agréable : Lac très fréquenté, ruelles pittoresques, patrimoine non négligeable, les atouts sont là. Néanmoins la problématique « vélo », qui peut être un atout sérieux pour retenir des touristes certes nombreux mais qui ne font que passer, semble absente des préoccupations des  municipalités successives.

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Un des nombreux étangs constituant le « Lac d’Ardres »

La voiture occupe tout l’espace

En revanche, la place de la voiture, elle, préoccupe beaucoup. A l’heure des restrictions budgétaires tous azimuts, on trouve ici encore des crédits, nécessairement importants pour une petite ville, pour créer du parking et encore du parking. Comme si par magie, pour la voiture, le coût n’existait pas !

Comme celui qui vient de se faire, selon on ne sait quelle nécessité au carrefour dit « Gloriant » au centre de la ville. Ce nouveau parking de 20 places est en effet situé à 100 mètres d’un autre plus ancien de près de 100 places (Champ de Foire) toujours partiellement occupé !!

Il faut dire qu’ici, pas de contrainte, on se gare partout. Un rapide calcul m’a amené, en centre-ville, à dénombrer rien moins que 432 places de stationnement marquées au sol, soit l’équivalent de la moitié d’un parking d’hypermarché ! Pas mal, pour une si petite ville!

La Place d’Armes, pittoresque avec sa montée, ses pavés et sa Chapelle des Carmes (Office de Tourisme/ Lieu d’exposition) est défigurée par le stationnement anarchique des véhicules. Un effet négatif que personne ne semble entrevoir.

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Pourtant, les possibilités de stationnement ne manquent pas à proximité, dans les grandes avenues ou sur les autres places. Un aménagement piéton de la Place d’Armes  valoriserait sans nul doute la ville tout entière, favoriserait l’implantation de cafés ou de restaurants. Comme à Villefranche de Rouergue ou à Furnes (B)

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Furnes

Bien sûr, les commerces de ces villes n’ont pas été mis à mort avec la piétonnisation des places!!

A Ardres, rien pour les vélos !

A aucun endroit dans la ville : ni près des commerces, ni au bord du lac pourtant très fréquenté, ni dans les rues, ni près des bâtiments publics la mairie n’a installé d’arceaux de stationnement pour les vélos.

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La rue du Lac, bordée de lieux de détente et de pique-nique, devrait être équipée tout le long de points de stationnement pour les vélos…

Seule la mairie a été dotée d’un petit parking semi-couvert. La « cerise » sur le gâteau proposée lors du réaménagement des abords par le cabinet d’architecte (qui s’est fait plaisir!) ou le fruit d’une politique réfléchie ?

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Le très design parking à vélos? motos? de la mairie.

Le budget consacré à ce nouveau parking Gloriant, inutile, aurait sans aucun doute permis d’équiper la ville d’un nombre significatif d’arceaux-vélos, pour le plus grand plaisir des habitants et des touristes.

Une liaison cyclable entre les 3 pôles de la ville: un enjeu d’avenir, d’équilibre géographique et social ?

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B.-en-A.: un espace piéton utilisable (?) par les vélos…

Comme Marck ou Guînes, Ardres est une commune multipolaire : Centre-ville, Bois-en-Ardres, et Pont-d’Ardres. L’ancienne RN43 est l’épine dorsale de cette commune. Relier ces trois pôles par des pistes cyclables aurait pu être depuis longtemps une préoccupation. D’abord pour ceux qui ne sont pas motorisés, même si des bus existent. Mais pour les touristes également. Eh bien il n’est pas possible aujourd’hui d’aller du vieux bourg d’Ardres à Bois-en-Ardres à vélo en toute sécurité. Alors que la place nécessaire était là pour ménager une piste cyclable de chaque côté de la route, le cheminement réalisé dans la traversée de Bois-en-Ardres (trottoir ? Trottoir cyclable?) a surtout été motivé par des des considérations décoratives paysagères, réduisant d’autant l’éventuel espace utilisable par les vélos. Les cyclistes (enfants notamment) utilisent néanmoins ce cheminement, alors qu’il ne leur est toujours pas vraiment dédié. Aucune signalisation. Et surtout, pas de continuité vers Ardres.

D’une manière plus générale, comment s’étonner que la pratique du vélo pour se déplacer ait du mal à progresser. Qui encouragerait ses propres enfants à emprunter chaque jour cette ancienne RN dangereuse pour se rendre en ville par exemple ?

Des signes positifs néanmoins

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Seule l’avenue du collège vient d’être dotée de couloirs cyclables. Mais sans plus de continuité, et il n’y a pas non plus de zone 30. A noter cependant, une volonté de la part du Département d’appréhender les itinéraires que prennent les jeunes pour se rendre à vélo au collège. Grâce à un partenariat avec l’ADAV. Mais certains itinéraires matérialisés sont cahoteux et relèvent plus du vtt que du vélo de ville.

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En second lieu, l’existence d’un vélociste au rayonnement important, signe que le vélo existe dans le secteur.

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Les cycles Ricouart

Alors, que faudrait-il faire pour une ville plus « cyclable » ?

C’est assez simple :

  • Partager un peu plus l’espace urbain en faveur des piétons et des vélos ; et donc cesser la création exponentielle de parkings pour les voitures ;
  • Créer des zones 30 ou des « zones de rencontre » (20 km/h), favorables aux piétons et aux cyclistes (comme à Wissant, voir article)
  • Pour les stationnements vélos, en implanter le plus possible ;
  • Pour une politique plus en profondeur, s’inspirer de ce que fait Gravelines (voir article), qui a su créer une liaison douce entre le centre-ville et le quartier excentré de Petit-Fort-Philippe. Pour Ardres, cela signifierait de redessiner partiellement l’ancienne RN43 sur 4,5 km. Le CD62 (dont le maire fait partie) ne serait sans doute pas insensible à un projet bien ficelé !

  • Sur le plan pédagogique, dès le CE2, on peut mettre en place un véritable apprentissage du vélo: une vélo-école (pas 1/2 journée!) et organiser avec parents, associations et mairie un ramassage collectif à pied et à vélo : Pédibus Vélobus. Une vraie démarche de développement durable!
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