Elections américaines: la candidate écologiste Jill Stein plus que double son score de 2012

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Jill Stein, candidate écologiste en 2012 et 2016

C’est le candidat républicain, contesté y compris dans son propre camp, qui remporte les élections présidentielles aux Etats-Unis, après une campagne outrancière. Dans ce pays sans cesse présenté comme une « démocratie-phare » de notre planète, notons que ce résultat ne correspond pas au « vote du peuple », dont certains, même ici, nous rebattent sans cesse les oreilles. En effet, Donald Trump a été élu avec moins de voix au total que sa rivale démocrate (140 000 voix d’écart). Mais tout le monde trouve ça normal. C’est le système filtrant des « grands électeurs » qui veut ça. Les électeurs ne votent pas directement pour les candidats, mais pour des grands électeurs dans chaque état. Le candidat qui gagne, que ce soit avec 51 % des voix ou 90 %, rafle la mise et obtient les voix de tous les grands électeurs de l’État. La « démocratie indirecte »…

D’aucuns ici ne se lassent pas de faire des comparaisons avec la France. Mais il n’y a rien à comparer. Hormis la sensation identique de déclassement chez les citoyens des secteurs géographiques éloignés des grandes villes où la mutation de la société s’exprime sans trop de heurts. Si cette élection s’était passée ici, il n’y aurait pas d’élu(e), aucun des deux premiers n’ayant obtenu 50 % des voix. Il y aurait donc un deuxième tour.

Car il n’y avait pas seulement deux candidats, contrairement à ce que tout le monde laisse entendre, mais 10 !!!. Le choix était donc réel. Impossible cependant de trouver les résultats vraiment complets.

Le Parti Vert présent dans 47 états sur 50

Près de 6 300 000 de voix se sont portées sur les 8 (?) autres candidats, dont la candidate écologiste, Jill Stein, qui a obtenu 1 215 514 voix. Un score très modeste, certes, mais qui a été multiplié par 2,6 par rapport à 2012.

Une élection toujours difficile pour les « petits candidats »

En effet, rien n’est facile pour les autres candidats : les lois électorales de chaque état étant différentes, les candidats peuvent se retrouver à ne pas avoir de bulletins de vote à offrir aux électeurs, car ils doivent réunir un certain nombre de signatures d’officiels. Selon ce qu’ils obtiennent, ils peuvent avoir les bulletins, ou le « write-in »(on peut écrire le nom du candidat sur un papier). Pire, il arrive que le vote ne soit pas possible. Ainsi Jill Stein n’était présente que dans 47 états (44 avec bulletins et 3 avec write-in) sur 50 !

Mais avec cette campagne, ces candidats, et ce résultat, ne serait-on pas arrivé au paroxysme de ce que peut vouloir dire une campagne électorale ?

D. Trump: un grand mystificateur?

Trump ne se sera-t-il pas montré le plus grand des mystificateurs en utilisant à l’extrême tous les ressorts possibles d’une campagne électorale ?

  • Il a joué de sa non appartenance à l’élite politique qui tient tous les rênes et s’auto-régénère en permanence (alors que c’est lui-même un milliardaire qui s’est offert cette présidence pour couronner sa vie, soif de pouvoir, ego ?)
  • Pensant qu’il ferait mouche, il a flatté les plus bas instincts en tenant un discours outrancier et ouvertement raciste, xénophobe, misogyne, proposant au premier degré comme solution au malaise réel et à la peur des gens la désignation irréaliste et fausse de boucs émissaires. Le contraire de l’originalité.
  • Il a construit, ou fait mine, un programme de mesures toutes plus irréalistes les unes que les autres .

    mur-mexique-usa
    Le mur USA-Mexique existe déjà partiellement

Il a parié que les électeurs le croiraient au premier degré, et ça a marché. Cela signifie-t-il  que désormais on peut dire n’importe quoi dans une campagne, que ça ne compte plus une fois élu, que les promesses électorales n’engagent que ceux qui les écoutent. On le savait un peu. Cette fois c’est patent. Comme si tout débat dans une campagne ne servait plus à rien ! Cette apologie du mensonge ne risque pas de redorer le blason de la politique…

Mais ce qui m’interpelle, c’est que tant d’électeurs lui aient fait confiance malgré ses outrances. Cela signifie-t-il qu’ils sont d’accord avec lui ? Qu’ils pensent que les solutions qu’il martèle sont les bonnes ? Ou lui ont-ils fait confiance sans croire à son programme, simplement parce qu’il se présentait comme le candidat « anti-système » ? Nul ne le sait.

Bien sûr, même si Trump fait le contraire de ce qu’il a dit, ce qui est probable, ceux qui ont voté pour lui voudront, pour ne pas se dévaloriser, continuer de chercher dans sa politique des raisons de lui avoir fait confiance. Ça commence déjà : alors qu’il a changé la forme au moins de son discours depuis son élection, on lui trouve un intérêt parce qu’il «  a dit ce qu’il pensait ». Un peu léger.

Pourtant, le tournant pris depuis son élection pourrait laisser penser qu’il mentait. Du moins peut-on l’espérer. Malheureusement pour le plus grand désarroi de ses propres électeurs.

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