28-30 avril: Congrès de la Fédération des Usagers de la Bicyclette à Nantes (1): éclairage

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Le 17ème congrès de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) s’est tenu cette année à Nantes, avec pour ligne : « Le vélo façonne et fascine la ville »

Temps fort national d’échanges entre les plus de 200 associations de promotion du vélo, c’est aussi un rendez-vous pour toute l’Economie du vélo urbain, avec de nombreux stands.

Si le vélo est reconnu comme étant le moyen de déplacement le plus écologique, ce n’est pas, pour Olivier Schneider, Président de la FUB, cet aspect là qui est le plus fascinant dans le vélo :

« Ce qui est réellement fascinant, c’est son rapport à la ville. Il est étonnant de constater la façon dont ce simple objet – qui prend si peu de place et ne pèse qu’une dizaine de kilos – façonne la ville, lentement mais sûrement, en influençant nos déplacements, nos relations sociales, notre manière de consommer, et enfin notre santé et notre bien être, jusqu’au choix de notre lieu d’habitation.»

Dans les grandes villes peut-être, comme Strasbourg, ville de référence en matière de vélo, siège de la FUB, ou Nantes, où se tient ce congrès. Mais force est de constater malheureusement que l’urbanisme des villes moyennes comme Calais ne se conçoit pas encore par le prisme du vélo…Nous restons mobilisés.

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Johanna Rolland,  maire pro-vélo

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Âgée de 38 ans, diplômée de l’IEP de Lille, élue sur la liste Ayrault en 2008, maire et présidente de l’agglo depuis 2014, Johanna Rolland a pu s’inspirer d’un environnement favorable au vélo, puisqu’elle a obtenu aussi un diplôme de Développement Local à l’Université de Grenoble.

Ce qui frappe lorsqu’on l’entend parler, c’est son niveau de conviction de la nécessité de la place du vélo dans la ville. La politique vélo n’est pas ici une politique de « com », mais une politique de fond. Pour la maire de Nantes,

« …il y a nécessité d’anticiper la place du vélo, en réseau, non en ponctuel, dans les projets urbains. Le vélo est vecteur d’urbanité. La ville de demain sera une ville à vélo ! »

Le vélo à Nantes

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Le vélo à Nantes, c’est 6 % des déplacements (2,3 % pour l’agglo). Cela se traduit aussi par un «  Plan Vélo de 50 M€ « , pour répondre au besoin de sécurité des aménagements (Notons que pour Calais, cela pourrait correspondre à 6M€!!, nous n’y sommes pas, loin s’en faut !). Nantes n’ignore pas la pédagogie, pour accompagner les citoyens dans leurs changements d’habitudes : un Plan d’Ecomobilité a été mis en place avec 50 écoles, pour la sécurité des accès et aussi pour identifier toutes questions liées au vélo (arrivée, stationnement, offre de produits vélo). Un « Club de mobilité » existe également pour les entreprises, qui peuvent bénéficier d’actions incitatives financées à 50 %

La co-construction des projets urbains: une nécessité

Pour Johanna Rolland, il faut « co-construire » les projets avec les associations, par un processus dans la durée.

Philippe Grosvalet, président du Département, rappelle que la demande des citoyens, c’est toujours , toujours plus de voiture, et qu’il faut de la volonté pour contrer cette pression. Un bon exemple à suivre pour d’autres collectivités !

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Johanna Rolland, elle, ressent une mutation de la demande sociale vers plus de vélo, mais dans un sens de fragmentation. Nouveaux métiers, nouveaux usages, nouvelles entreprises. Nombre de petits métiers à vélo réapparaissent.

Philippe Grosvalet va dans ce sens et avance une vision à laquelle on ne peut qu’adhérer :

…le rôle des associations, c’est d’aiguillonner les élus afin de provoquer la mise en place de ruptures, de forcer à la co-conception. Pour lui, il faut « recycler le savoir associatif dans les politiques publiques ».

Si cette stratégie avait été mise en place, dit-il, le pont d’Ancenis n’aurait pas été réalisé sans piste cyclable!

La co-construction est parfois aussi mise à mal par les alternances politiques, et les contingences économiques.

Associations-vélo et entreprises privées: vers des partenariats catalyseurs d’une culture vélo partagée?

Il s’agit d’aborder la collaboration entre les associations, l’Economie Sociale et Solidaire et les entreprises. Nombre de grandes entreprises sont demandeuses. Des exemples:

DECATHLON : affirme l’objectif de proposer une pratique du vélo accessible à tous. Pour l’intervenant, l’entreprise est prête à toute forme de collaboration avec des associations de promotion du vélo. Il conseille de prendre contact avec le magasin Décathlon local

BEAUVELO (Beauvais) 350 adhérents, implantée à la Gare, 3 CDI. Partie d’un PDES, par le prêt gratuit aux lycéens la journée d’un vélo entre la gare et le lycée. Aujourd’hui, l’association essaie de décrocher des PDE (une entreprise avec un contrat de mise à disposition de vélos pour un an).

KEOLIS : entreprise de transport en commun, répondant aux appels d’offre en vue d’obtenir des Délégations de Service Public. Propose du vélo intégré au TC, développe de nouvelles mobilités en prenant aussi en compte les problématiques de cheminement piéton.

Keolis se positionne sur toutes les propositions associatives

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Fournisseur initiateur des systèmes de Vélo en Libre Service (VLS), l’entreprise a développé plusieurs partenariats avec des associations, à destination notamment des jeunes des quartiers en difficulté :

  • Formation d’une quarantaine de détenus au vélo pour les intégrer à l’entreprise (Maison d’arrêt de Villepinte);
  • Lutte contre l’exclusion : Les p’tits Velib :  JCD a fourni 200 vélos à des assos pour offrir la découverte du vélo;
  • Lulu dans ma rue : JCD accompagne cette association qui recrée du lien social en mettant en place des concierges de quartier ayant chacun des compétences à proposer aux habitants.
  • Insertion des handicapés.

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Pour le socio-économiste Laurent Fraisse, l’approche « vélo » doit être transversale. Le partenariat avec une Entreprise privée peut être positif sans que l’association vélo ne perde son âme. Sous certaines conditions:

  • les complémentarités, la vision des intérêts de chacun doivent être explicités ;
  • le savoir des assos ne doit pas être récupéré sous un mode marchand ;
  • les modes de contractualisation doivent être bien examinés;

Attention, on peut voir des DSP avec des moyens (vélos) et par ailleurs des financements associatifs sous tension !

D’autres exemples dans la partie n°2 à venir…

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