Marseille, ville cyclable…en devenir?

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Le Mucem à gauche, et la tour ronde du Fort Saint-Jean

Alors que la ville vient d’accueillir le congrès du Club des Villes et Territoires Cyclables, quoi de plus naturel que d’en profiter pour visiter Marseille avec les lunettes du cycliste. A première vue, on peut se demander ce qui a motivé le CVTC pour tenir congrès ici car dans ce que j’ai pu voir du paysage urbain central et aux commentaires entendus, le vélo n’a ici pas vraiment droit de cité.

Sans doute ce choix est-il venu de l’adhésion récente au Club de la métropole provençale, dernière grande agglomération à ne pas en faire partie. Elle signe ainsi une volonté de s’inscrire dans un processus positif vis à vis du vélo. Il faut donc y voir une forme d’encouragement.

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La mairie de Marseille, sur le Vieux-Port

Des vélos, il y en a!

Avec près de 900 000 habitants pour la ville, et près d’1,9 millions pour l’agglomération (Aix-Marseille-Provence) Marseille est souvent la deuxième ou la troisième entité urbaine de France, selon les modes de calcul utilisés.

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 C’est dire que, malgré la vie difficile qui leur est faite, des cyclistes, il y en a !

Comme dans les villes qui ont des difficultés à opter pour un partage de l’espace plus équitable entre les différents modes de déplacement, ce n’est pas la place des cyclistes qui est problématique, mais bien celle de la voiture. Marseille semble faire partie des dernières grandes villes dans ce cas. Ici la voiture est reine, même si la construction d’un tramway contemporain en 2007, faisant suite au tramway classique qu’ont connu toutes les villes dans le passé, a vidé un peu l’espace central des voitures ventouses.

Du fait de ce tramway, et aussi du nombre considérable de piétons partout dans le centre-ville, ma première impression a été plutôt positive, les voitures en circulation n’étant pas si nombreuses et leur vitesse, en dehors des axes « rouges », plutôt raisonnable. Les différents quartiers sont plutôt calmes.

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Maisons fleuries dans le quartier du Panier

Le stationnement, en revanche, voitures comme 2 roues à moteur, est anarchique et omniprésent.

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Stationnement anarchique des Deux Roues à Moteur sur l’espace public, ici « encadrant » une piste cyclable

Mais ça n’en donne pas pour autant de la place aux cyclistes qui doivent obligatoirement la prendre pour exister, il faut être sportif, ou cycliste quotidien habitué pour se déplacer à Marseille, peu d’enfants à vélo, peu de personnes âgées. Concernant le dénivelé, l’essentiel de la ville est assez praticable, mais bien sûr, il y a des côtes, nous ne sommes pas en Flandre !

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Certains quartiers offrent un dénivelé important: ici le Vieux-Port vu de Notre-Dame de Lagarde

Un retard reconnu par les élus

Louis Biscarrat, en charge des transports à la métropole, reconnaît le retard de Marseille en matière de vélo.

« On n’est pas bons ! » déclare-t-il devant les congressistes réunis en assemblée plénière.

Mais il assure que Marseille a pris la mesure de ce retard et est décidée à changer de braquet : coordonner les efforts en cours sur le vélo (où?), accélérer la réalisation des schémas des deux Eurovéloroutes à l’horizon 2025.

Mais le plus difficile reste selon lui, « d’insuffler la culture vélo aux élus des zones urbaines denses (Marseille, Nice, Toulon)

Un programme de « rattrapage » ambitieux

Si le plan de financement prévu paraît ambitieux sur le papier (350 M€ à 2025, 700 à 2035, rien que ça!), la plaquette de la « Mobilité Métropolitaine » fournie aux congressistes, encore dénommée « L’AGENDA », ne consacre aux Mobilités actives (vélo, marche, autres) qu’une page sur les 16, avec des objectifs évasifs (pôles d’échanges vélo, stationnement, apaiser les coeurs de ville, service innovants?).

Etat des lieux : peu de place pour le vélo

Ce qui frappe dans le centre, quand on est à vélo, c’est le peu de prise en compte dans l’organisation urbaine. Marseille fâchée avec le vélo ? C’est ce que disent certains. Il est vrai que les 10kms d’ « aménagements  » ne cadrent pas avec la taille de la ville. Néanmoins, les cyclistes se débrouillent. Et ils sont là. L’occupation des rues par les piétons, la présence du tramway, rendent la pression automobile moins prégnante, la plupart des automobilistes ne passant plus par ces rues. Lors de ces trois jours, je ne me suis pas particulièrement senti en danger.

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Dans cette indigence cyclable, l’emprise du tramway, malgré sa dangerosité, est paradoxalement un lieu fréquenté par les cyclistes y compris avec remorque…entre les rails !!

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Les cyclistes circulent nombreux entre les rails du tramway!

Des aménagements rares et peu pertinents

Peu de pistes et de couloirs cyclables. Il y en a quelques-unes sur trottoirs, avec les nombreux inconvénients que l’on connaît : piétons, contournement d’obstacles, traversées de rues plus ou moins réussies. Comme avenue du Prado, où s’ajoute la présence d’un marché doublé d’une absence d’entretien (peinture effacée).

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Avenue du Prado, piste sur trottoir, droit devant, non matérialisée dans les traversées.

Parfois un couloir cyclable apparaît subitement, sorti de nulle part, comme ici, devant la gare St-Charles…

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Certaines grandes avenues sont heureusement équipées de contre-allées, bien pratiques pour le vélo (photo à venir).

On voit aussi des anneaux cyclables hors circulation, mais dont la traversée n’est pas non plus matérialisée.CIMG6516

On peut croiser ici ou là quelques panneaux directionnels « vélo », qui semblent tout droit sorti d’un chapeau, tant les difficultés de circulation à vélo sont d’un autre ordre !

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Toutefois, les nouveaux aménagements prennent mieux en compte les cyclistes, dans des espaces partagés assez larges, comme ici près de la cathédrale de la Major.

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Peu de stationnement

Quasiment pas d’arceaux, ce sont les barrières et les autres types de mobilier urbain qui font office. On se demande s’il y en aura en ville, car les 3 600 places prévues à l’AGENDA sont prioritairement destinées aux pôles d’échanges…

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Manque de stationnement, au point de devoir parfois rentrer son vélo dans…le bureau de Poste ! (photo à venir)

Des associations actives pour défendre la cause des cyclistes

Des associations de défense et de promotion du vélo existent depuis longtemps à Marseille, comme Velosapiens ou le « Collectif Vélos en Ville« . Des associations qui développent plusieurs types d’activités de service comme pédagogiques. Activité militante aussi, évidemment.  Dans un contexte toujours difficile pour faire avancer la cause du vélo auprès de la municipalité, le Collectif Vélos en Ville, s’est vu obligé à plusieurs reprises, de défendre la problématique vélo jusque devant les tribunaux. Ces 7 succès judiciaires ne l’empêchent pas de se poser en interlocuteur incontournable, au contraire. Vigilant, constructif et déterminé!

 

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Le local du Collectif Vélos en Ville

Marseille: autres vues

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