La commune des Attaques et le vélo? Tout est à faire…

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La mairie des Attaques  –  photo VBCO

A dix kilomètres au sud de Calais, la commune de « Les Attaques » a une population en constante augmentation (près de 2 000 habitants). C’est une commune rurale qui attire les urbains, comme beaucoup d’autres, sur le modèle urbanistique encore dominant de la zone pavillonnaire : maison individuelle neuve et sans mitoyenneté.

Géographiquement située en plein polder de Flandre maritime, elle est parcourue par de nombreux watergangs.

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L’eau est présente partout  –  Photo VBCO

La commune, qui faisait partie de Marck, n’existe en tant que telle que depuis 1835, elle a peu de patrimoine ancien.

Un développement autour de trois axes importants

qui la traversent en parallèle, et dont elle ne profite pas nécessairement:

  • l’ancienne RN 43 (D943), très fréquentée, qui relie Calais à Saint-Omer, où sont situés quelques commerces ; c’est l’axe principal de la commune ;
  • le canal de Calais à Saint-Omer, avec encore une activité de pondéreux ;
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Le canal de Calais à Saint-Omer est la grande voie d’eau du Calaisis  –  photo VBCO
  • la voie SNCF Calais-Lille. Une gare existait autrefois. Plus d’arrêt aujourd’hui.
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L’ancienne gare, bien défigurée!

Une quatrième voie de communication, plus récente : l’autoroute A26 Calais-Reims, dite « Autoroute des Anglais ». Pas de sortie ni d’échangeur ;

Un village agréable, calme et fleuri…

…en dehors de la traversée par la D943

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Desservie depuis peu par les Transports en commun de Calais du fait de son intégration au 01/01/2017 à l’agglomération, la commune est aussi desservie par le réseau de bus départemental OSCAR.

Beaucoup de places de parking…

Ce qui frappe aussi, c’est le nombre impressionnant de places de stationnement partout, dont une bonne partie est vide.

En la matière, ici comme ailleurs, ce n’est jamais l’économie des deniers publics, ni la « rentabilité occupationnelle » de ces places qui préside à leur multiplication. Elles sont le plus souvent utilisées quelques minutes par jour. Non, des places, on en construit tout le temps, sans étude, sans réflexion d’ensemble, comme si l’objectif final était que chaque automobiliste dispose d’un « volant » de places suffisant pour ne pas chercher ni marcher lors des 5 ou 6 déplacements de 50-100 mètres qu’il fera dans sa journée!

Etre piéton et/ou cycliste aux Attaques

Plusieurs secteurs de la commune sont en zone 30, de facture récente. L’une d’elle utilise un stationnement des véhicules en quinconce. Des aménagements de nature à favoriser les déplacements à pied et à vélo. En principe.

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Même si la majorité des habitants travaillent sans doute à l’extérieur et doivent donc utiliser une voiture, ou prendre le bus, il est probable que dans la proximité, à certains moments, des habitants, notamment les plus jeunes, aiment ou voudraient se déplacer à vélo.

Mais le vélo n’a aucune place dans la commune. Ne ferait-on pas de vélo aux Attaques ?

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Aucun arceau devant la poste. La rue à gauche, en zone 30, devrait être équipée d’un DSC  –  photo VBCO
  • Une seule piste cyclable, à double sens, ancienne mais correcte quoique pas entretenue et squattée par des voitures en stationnement, a été implantée dans un quartier pavillonnaire, là où c’est inutile, puisque la rue est large et sans aucune circulation motorisée ;
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Une piste cyclable double sens squattée par des véhicules. Il faut dire qu’elle n’est pas fréquentée, parce qu’inutile…  –  photo VBCO

C’est malheureusement un grand classique des aménagements « vélo » par les collectivités : on ne touche rien aux endroits les plus dangereux, là où les usagers de la rue se retrouvent tous (voitures, cyclistes, bus, piétons…) et on crée des pistes là où ça ne sert à rien !

  • Aucun arceau de stationnement pour accrocher son vélo sur le domaine public (ni mairie, ni poste, ni écoles, ni crèche, ni salle de sport! De plus, contrairement à ce qu’on voit dans d’autres endroits, même dans le Calaisis, les commerçants n’ offrent pas de stationnement vélo à leur porte; seule la supérette (Intermarché) dispose d’un abri dédié.

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Pourtant ce petit village gagnerait à faire une place plus visible aux cyclistes. Notamment en améliorant leur sécurité.

Un douloureux rappel de la vulnérabilité des cyclistes a d’ailleurs eu lieu aux Attaques fin juin de cette année, avec la mort de l’un d’entre eux percuté par une voiture. Un accident qui a suscité une vive émotion parmi la communauté cycliste et dans la commune.

Coïncidence malheureuse : la commune était en train de terminer un réaménagement partiel de la D943 qui rétrécit la place de la circulation motorisée, fait une place aux piétons mais…ignore totalement la place des cyclistes !

Un aménagement de la D943 qui ne respecte pas la loi !

En effet, dans le cas de travaux lourds de voirie modifiant totalement la répartition des espaces, comme ce fut le cas ici, la loi impose de prendre en compte spécifiquement la circulation des cyclistes, selon des modalités variables, en fonction de la situation : pistes, couloirs cyclables, espaces partagés, zones 30, zones 20 etc…(Article L228-2 du Code de l’Environnement)

Aux Attaques, rien !! Pourtant, cette D943, très dangereuse, est l’épine dorsale de la commune. Si on avait voulu un tant soit peu favoriser l’usage du vélo interne au village, pour les plus jeunes notamment, on aurait dû profiter de ces modifications pour ménager, au lieu d’un simple trottoir, un espace partagé piétons-vélos, un peu plus large. Il y avait largement la place. C’est ce qu’a fait Ardres, en créant une liaison cyclable le long de cette même D943.

Après le feu, on a droit au trottoir étroit, mais qui s’élargit vers le supermarché

Mais le plus souvent, le seul espace qui reste est pour les plantations, pour le visuel, le « beau », au détriment de la sécurité des personnes ! La priorité d’aménagement, c’est toujours la voiture. Ensuite, les piétons, Et enfin, ce qui reste, ce n’est jamais pour le vélo, c’est pour les pots de fleurs !! Quand cela va-t-il changer ???

Dans ces conditions, comment espérer qu’un.e père/mère de famille laisse ses enfants aller seuls à vélo faire quelques courses au supermarché ? Ou aller à la salle de sports ? A l’école ? En ne faisant pas ces efforts d’aménagements sécurisants, on formate les enfants dès le plus jeune âge à penser que seule la voiture permet de se déplacer ! On entretient le cercle vicieux, et une dépendance future.

Malgré tout ce qui se bouleverse autour de nous, on entend encore comme argument « qu’on ne fait pas d’aménagements vélo parce qu’on ne voit pas de cyclistes ». La réalité montre que c’est le raisonnement inverse qu’il faut avoir :

Réalisez les aménagements, et vous verrez les vélos !

La municipalité peut rapidement rectifier le tir. Le fera-t-elle ?

Après ces aménagements « piétons » ou zone 30 ignorant la place du vélo (qui tombent   donc sous le coup de la loi), plusieurs questions se posent à la municipalité:

  • aménager ? l’espace créé de chaque côté de la D943 en l’autorisant officiellement aux vélos, avec quelques panneaux. C’est ce que Coquelles a fait.
  • créer? un cheminement partagé par marquages au sol (logos vélos, flèches, continuités, traversées vélo parallèles aux passages piétons, sas aux feux etc.) ;
  • autoriser ?  aux vélos en contre sens les rues à 30 en sens unique ;
  • installer ? des arceaux vélos partout où c’est nécessaire : commerces, bâtiments publics, zone d’activité. Et inciter les privés à le faire (Emmaüs…)

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Pont levant sur le canal, ancienne mairie sur l’angle

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