Calais: la voiture, encore et encore…et rien, pour le vélo!

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Action 2019 de l’association Partageons La Rue Calais pour rappeler à la maire qu’elle doit appliquer la loi!

Sous couvert de valoriser le vélo ou les transports en commun, Calais continue de faciliter la place de la voiture en ville. Sans relâche. A la fois dans des projets visibles, mais aussi dans les quartiers. De manière subtile, subliminale, constante. Mais au détriment des grandes problématiques telles que la lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’on bétonne et imperméabilise les sols à tour de bras. Sans parler pollution de l’air, coût financier, limitation des déplacements, promotion réelle des autres modes…

L’affiche est belle, la facture aussi: Vel’in, navette fluviale, bus gratuits, passerelle vélo . Une panoplie coûteuse et vouée à l’inefficacité puisque la voiture continue d’être favorisée, sa place n’étant jamais dans le débat. Pourquoi l’automobiliste lambda laisserait-il sa voiture, si la ville se précipite, voire anticipe la moindre demande de stationnement pour faciliter la vie des automobilistes (leur paresse plutôt), et qu’elle ne réprime pas le stationnement sauvage ?

Favoriser les autres modes de transports pour qu’il y ait vraiment transfert modal nécessite évidemment des actions visibles (partage de voirie, contraintes etc…) et du dialogue pour informer (pédagogie) sur les alternatives à la voiture pour limiter son utilisation, surtout en solo.

Mais ici non. Les citoyen.ne.s contribuables et les entreprises paieront donc deux fois :

  • d’un côté, les politiques dites « alternatives », chères et pas coordonnées (bus, navette fluviale, VLS)  ;
  • de l’autre, la politique liée à la voiture (parkings, voiries mises en sens unique pour augmenter le stationnement, nouvelles rues, plans de circulation, etc.), encore plus chère quoique jamais chiffrée. Politiquement incorrect ! La voiture, c’est normal, pour elle on ne compte pas…

Des budgets importants qui passent inaperçus…

Néanmoins, on peut s’en faire une idée. Exemple l’été dernier (2019). J’ai répertorié quelques chantiers sur la page facebook de la Maire de Calais, tous exclusivement facilitant l’usage de la voiture, souvent près des écoles :

  • Quartier Nation, plan de circulation voiture…..37 479 €
  • Rue Debacq, parking …………………………………….50 000 €
  • Vadez, parking………………………………………………86 000 €
  • Quatre-Coins, parking……………………………………50 000 €
  • Parmentier, parking + rue..………………………….200 000 €

On arrive déjà à près de 425 000 €. Sans compter les Fontinettes, et d’autres sans doute. Car ce type de chantier revient constamment !

Le plus grave, c’est que, faute d’actions pédagogiques, d’échange ou de recherche de solutions moins coûteuses avec les personnes concernées, on crée ces parkings pour quelques minutes par jour seulement !

Un gaspillage d’argent public en ces temps de vaches maigres, et un pied de nez à la nécessaire adaptation au climat !

Trois aménagements de l’été 2019, réalisés avec la seule optique « voiture »

Quartier des Fontinettes :

Modifications réalisées dans ce quartier de l’hypercentre à l’habitat serré. Suite à des demandes riveraines toujours à peu près identiques et contradictoires, compte-tenu du peu d’espace disponible :

  • plaintes pour la vitesse excessive (rues rectilignes, peu larges) d’un trafic de transit non dissuadé (pas d’obstacle ni d’aménagement décourageant cette circulation) ;
  • plaintes sur l’insécurité des piétons (trottoirs occupés et traversées) et des cyclistes ;
  • demande exponentielle de stationnement, dont la place, prise sur la circulation à double sens, favorise les vitesses…CQFD !

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Les autorités disent aussi vouloir « protéger » le quartier…En ce cas, il faudrait trancher en faveur de la vie locale (piétons, cyclistes, écoles, calme, commerces, sécurité) avec pédagogie…mais conviction, avec des aménagements acceptés par tous, pour éloigner le trafic de transit:

  • ZONE 30 (et 20 autour des écoles) pour toutes les rues du quartier, à l’exception des axes principaux (Fontinettes, 29 juillet), comme ça se fait ailleurs (article Voix du Nord);
  • Autoriser toutes ces rues aux vélos à contre sens (DSC) avec marquage ;
  • Aménager petit à petit chaque carrefour du quartier (plateau piéton, surélevé)
  • Organiser, répartir le stationnement plutôt que l’augmenter ; réprimer les abus ;
  • Occuper l’espace au sol avec des grands rappels « 30 kmh » peints

Mais à Calais, c’est toujours la même optique qui domine : améliorer sans relâche le confort de l’automobiliste pour qu’il circule VITE et trouve toujours VITE une place à 10 mètres de là où il veut aller!

Les mesures adoptées :

  • mise en sens unique de 4 rues, uniquement pour le confort des voitures ( toujours plus de stationnement, difficultés (??) à se croiser) ;
  • zones 20 symboliques, et ne concernant même pas la grosse école du quartier
  • un stationnement en quinconce qui « enterre » quasiment la circulation à vélo dans les deux sens !

Rien pour le vélo…

  • pour le vélo, « Circulez, ‘y a rien à voir! ».
  • Pas de plan « piéton » ni global ni dans le quartier ;

Coût global inconnu

Ecole Parmentier / Chemin des Douanes :

Un parking d’au moins 100k€ à 20 mètres de l’école !

Quartier pavillonnaire de l’est de la ville. L’école se situe au croisement entre l’artère principale du quartier, peu circulée, à 30 kmh (sans aménagements) et le chemin piéton dit des Douanes ou des « Contrebandiers », aménagé au sud de l’école en passage pavé, interdit aux voitures, et simplement enherbé au nord, vers les jardins familiaux enfermés depuis peu dans des grillages (anti-migrants). Un parking « sauvage » s’est créé en face de l’école, sur une partie du chemin.

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Réunion publique. Aménagements retenus, toujours pour faciliter le déplacement en voiture :

  • Le chemin bucolique sera bétonné (transformé en rue)
  • Un parking de 30 places
  • Aire de jeux et voies douces (piétons, vélos), quelques mètres pour faire bonne mesure sans doute, car on peut se demander où celles-ci seront, puisque rue il y aura !

Le tout pour 200k€…tout de même.

La ville aurait pu répondre bien différemment, en faisant de ce chemin l’épine dorsale piéton/cycliste de ce quartier agréable, incitant ainsi les habitants à conduire leurs enfants à l’école autrement qu’en voiture. Cela nécessiterait bien sûr de ne pas étendre le stationnement.

Un parking inutile

Pour quelques minutes d’utilisation par jour, ce parking engloutira plus de la moitié du budget, financé par les contribuables, soit 120 000 € à peu près. Pour rien. Car son utilité ne résiste pas à l’examen de la situation quotidiennement rencontrée: 35 places disponibles en moyenne, si on accepte de marcher un peu !

Vendredi 26 avril 2019, devant l’école, 16h35, à 10 mn de la sortie des classes.

Grande Rue du Petit Courgain (GRPC), vers l’Est de l’école : 18 places vacantes (comptées large) sur 300 mètres après l’école

Rue GRPC, ouest de l’Ecole : 16 places vacantes sur 270 mètres avant l’école

Même en comptant les places occupées du parking sauvage (18 devant la porte de l’école, les voitures des enseignants (?), le compte y est largement.

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On voit qu’il y a de la place, même à l’heure de sortie des classes

Ce parking informel déjà existant n’empêche pas, notez-le, les stationnements indélicats ou dangereux: ce jour, une sur trottoir devant le passage protégé, l’autre sur les zebras « Vigipirate » !

Munie d’un argumentaire imparable puisque sécurité et convivialité sont aussi souvent réclamées autour des écoles, la maire aurait pu influer sur ces demandes de stationnement en arguant de ce que chacun reconnaît volontiers :

  1. Le domicile est souvent près de l’école
  2. Marcher ou faire du vélo, c’est bon pour la santé
  3. La circulation dans le quartier n’est pas dangereuse
  4. Moins utiliser la voiture est bon pour le climat (-2 tonnes de CO2 par an) et la qualité de l’air.
  5. Moins de voitures près de l’école = plus de sécurité pour les enfants

Elle aurait pu aussi:

  • Faire réaliser le petit constat que j’ai fait. Numériquement imparable = RESPONSABILISATION
  • Proposer un aménagement sans parking, avec des places PMR et un plan de circulation douce pour le quartier ;
  • Monter un Plan de Déplacement d’ Etablissement Scolaire (PDES) avec les parents d’élèves, les assos de quartier et les enseignants, comme je l’ai fait en 2003-2004 à l’école La Fontaine aboutissant à l’organisation d’un ramassage collectif à pied (pedibus) et à vélo (vélobus) : des parents s’y impliquent immédiatement. Les enfants aussi. Avec des effets importants :
      • sur leur état physique et intellectuel : marcher ou faire un peu de vélo le matin permet une meilleure attention en classe, c’est montré;
      • sur leur autonomie : connaissance du quartier, interactions avec les autres…
  • Dans une politique plus globale, accompagner les parents éloignés qui ne veulent pas du vélobus collectif, pour qu’ils emmènent tout de même leurs enfants à l’école à vélo (incitation financière à l’achat d’un vélo, location d’une remorque pour enfants, faciliter le stationnement des vélos à l’école (MODIFICATION DES HABITUDES)

Et économiser ainsi 60 % du budget pour faire d’autres choses…

Enfin, située en plein dans la modification des habitudes, et dans une période où les jeunes parents sont prêts, cette démarche se révèle une action efficace contre le CHANGEMENT CLIMATIQUE. Tout comme la non bétonisation du chemin !

Pouvons-nous encore nous passer de ce type d’économie ?

Quartier Nation

Même chose. Plusieurs rues à faible passage mises en sens unique sous la seule raison d’augmenter le stationnement. Seule limite : la possibilité ou non que les services d’urgences et de ramassage puissent passer. On a même pu lire que le stationnement sauvage sur trottoir pourrait être autorisé, interdisant de fait la moindre circulation piétonne…

Ni mise en zone 30 ni doubles-sens cyclables…

Là encore, tous ces problèmes d’incivilité n’ont lieu que par les manques de la municipalité qui tolère ça depuis longtemps et reconnaît quelque part un droit qui n’existe pas : celui de stationner devant chez soi…

En mettant en sens unique des rues, on complique davantage la vie des cyclistes que celle des automobilistes, car on rallonge certes le parcours, mais surtout le temps. Les doubles-sens cyclables sont là pour pallier cet inconvénient. Mais à Calais la maire ne respecte délibérément pas la loi et refuse de les mettre en place. Cela a deux conséquences possibles sur la pratique du vélo: soit l’utiliser moins,  les parcours devenant plus longs, soit braver les interdictions. Aussi néfaste l’une que l’autre…

Une réflexion sur “Calais: la voiture, encore et encore…et rien, pour le vélo!

  1. Salut Vélobus . Merci pour votre info . Battez vous fermement comme nous le faisons à Saintes .Nous nous efforçons de virer notre maire ,d’un autre âge. Il n’a eu de cesse de combler le moindre mètre carré libre par la présence d’une voiture dans notre ville . Alors,virez votre maire , c’est le moment ! Bon courage ! B. Thiébaud .membre fondateur de « Saintes à vélo  » – ( ancien adjoint,culture )

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