Journées du Patrimoine 2020: vélo-châteaux en Flandre française

Le château d’Esquelbecq – photo VBCO

Je souhaitais depuis longtemps visiter le château d’Esquelbecq, dans le Westhoek, arrière-pays dunkerquois, dont je ne suis éloigné que de quelques kilomètres. Malgré les incertitudes qui planaient sur les visites suite au premier confinement, j’ai pu profiter de ces journées du Patrimoine, pour réaliser ce petit parcours en train (85km aller) + vélo (42km), avec un détour par deux autres belles demeures du secteur, les châteaux de La Briarde à West-cappel, et de Steenbourg à Steene.

Une bonne occasion pour s’aérer un peu, après avoir vaincu le covid-19 en septembre. J’ai été bien inspiré de profiter de cet intermède patrimonial, puisque peu après, le 2ème confinement a eu raison des sorties de ce genre!

photo montage VBCO

Train + vélo

Profitant des billets TER au tarif spécial de 1 €  pour ce week-end des 19 et 20 septembre 2020, il me faudra tout de même parcourir deux fois trente kilomètres de plus qu’en semaine. En effet, il n’y a pas de train entre Calais et Dunkerque le weekend. Difficile à comprendre, ces deux agglomérations distantes de seulement 40 kms regroupant plus de 300 000 habitants…

photo VBCO

Esquelbecq

La gare – sans personnel – est munie d’un abri vélo intermodal, comme beaucoup de petites gares du Nord.

photo VBCO

A un kilomètre de la gare, le village de 2 100 habitants s’organise autour de la place et de sa grande église-halle du Xème siècle (donnant l’impression d’une triple nef), comme on en voit dans la région. De belles demeures flamandes du XVIIIème siècle (maison du bailli) ornent encore la place ainsi que la rue principale.

Côté « accueil vélo », un seul « pince-roues » situé à l’entrée du château. Rien autour de la place, ni près des commerces…De nombreux cyclistes pourtant passent et s’arrêtent ici. Les panneaux historiques servent d’appui!

Esquelbecq, village du livre

Depuis 2007, Esquelbecq est un « village du livre », association créée par le gallois Richard Booth en 1964, qui propose en des lieux touristiques un modèle durable de développement par l’implantation de professionnels du commerce de livres anciens et d’occasion et des métiers qui y sont liés. Plusieurs bouquinistes et libraires sont installés. Esquelbook, c’est la nuit du livre, et des événements, des ventes au déballage qui sont organisé.e.s au long de l’année. Comme ce samedi.

« Des livres et vous » et « Carpe diem », deux librairies sur la place – photo VBCO

Le château d’Esquelbecq

Considéré comme le dernier joyau de l’architecture flamande en France, le château d’Esquelbecq (Ekelsbeke en flamand), a conservé son plan médiéval datant du XIIIème siècle: un quadrilatère à huit tours et pignons à « pas de moineaux », caractéristiques de la Flandre.

Le château d’Esquelbecq – Photo VBCO

Alimentées par des sources, des nappes affleurantes, et par les watergangs, les importantes douves entourant le château ont malgré tout tendance à l’assèchement. Pression urbaine et industrielle, mais aussi sécheresses en sont les causes. L’association fait un appel de fonds (ici) pour sauver ce patrimoine fragile. Ces douves se déversent dans l’Yser, petit fleuve côtier se jetant dans la mer du nord à Nieuport (B), qui coule à quelques mètres de là.

Ancien pont-levis et entrée du château – Photo VBCO

Le château a été remanié à la fin du XVème siècle pour lui donner son allure actuelle. Il a servi d’hôpital pendant la guerre de 14 et ne fut classé Monument Historique qu’en 1987.

L’élégant donjon de 126 marches qui s’élevait dans la cour intérieure s’est effondré en 1984, et n’a pas été reconstruit. Inhabitée pendant 30 ans, cette grande demeure doit sa renaissance à l’opiniâtreté du fils du propriétaire, qui le restaure en en faisant un projet de vie qui anime le village, ouvert sur le monde, grâce à « l’association du château » qui mobilise des participations venant de partout.

Une fois dans la cour intérieure, on peut accéder à une grande salle à manger, aux cuisines, à un magasin qui vend les produits du domaine, et à la grande salle de l’aile nord, reconstruite sans le donjon. Une exposition retrace l’histoire du château.

Un jardin à la flamande

Une importante part de la propriété est consacrée à un jardin flamand Renaissance à compartiments, datant du XVIIème siècle. Croix de Bourgogne fin XVIII : symétries, haies, arbres fruitiers, potager, plantes aromatiques et médicinales, le tout cultivé aujourd’hui en permaculture. Un grand parc de chênes anciens jouxte le château.

Jardin du château: l’arrosoir d’Alice, par Philippe Thill, est une attraction. Photo VBCO

Le château d’Esquelbecq est situé dans un écrin de verdure, à la fois organisé (jardin à la flamande), mais aussi sauvage: un parc de chênes séculaires jouxte le château, des plantations régulièrement augmentées.

Esquelbecq: Façade Ouest – Photo VBCO

La basse-cour, située avant le pont, à l’entrée du domaine, a été aménagée pour accueillir les visiteurs. Elle s’agrémente d’un magnifique pigeonnier datant de 1606. D’autres dépendances abritent un petit point de restauration aménagé sommairement, ce qui permet de garder le cachet de l’endroit. Une bonne occasion, en ce début d’automne encore chaud, de « tomber le masque » pour déguster une « Blonde d’Esquelbecq« , brassée localement par la famille Thiriez

Vers West-Cappel

Sortant d’Esquelbecq par un petit chemin bucolique à souhait, bordé parfois de belles demeures, on serpente ensuite à travers la campagne un peu sèche du Westhoek, où dominent les cultures intensives. Nous sommes ici en Flandre française, où le flamand, qui a beaucoup diminué, est tout de même encore parlé.

Me voici donc arrivé à West-cappel, village calme et propret, trop peut-être : rien ne dépasse, tout l’espace est organisé. Une belle église-halle ici aussi trône au beau milieu du village. Pendant les deux heures passées à pique-niquer et à lire tranquillement assis entre mairie et église, je n’ai pas rencontré âme qui vive.

Le château de la Briarde

L’origine du joli château de La Briarde remonte au 15e siècle. Il a été transformé à la fin du 18e siècle, puis complètement rénové vers le milieu du 19e siècle. Il fut aussi le théâtre de combats en 1940 (Opération Dynamo). Entouré de douves, élégant et bien entretenu, c’est « un joli manoir flamand dans un vaste parc, qui lui donne un aspect romantique » (wikipedia).

L’entrée du château – photo VBCO

Demeure privée, ce château est en principe ouvert pour ces journées du patrimoine. Mais je trouve porte close, avec un panneau d’explication, sous-entendant que le protocole sanitaire à mettre en place était trop contraignant pour ouvrir au public. Dommage, j’en serai pour une photo volée entre les arbres…

photo VBCO

Le château de Steenbourg

A onze kilomètres d’Esquelbecq, un autre château privé qui n’est pas visitable. Et difficile à apercevoir.

Une trace de château (ou ferme?) existait dès le XIVème siècle. Remanié au XVIème siècle, classé Monument Historique depuis 1983, c’est aussi, comme Esquelbecq, un quadrilatère entouré de douves, montrant des influences française et flamande. Il s’est beaucoup dégradé, a subi un important incendie, et est à vendre depuis 2017.

Le château de Steenbourg – photo http://www.communes.com

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