Oye-Plage « bike-friendly » ? 07 sur 20: Des progrès à faire…

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Située à 14 km à l’est de Calais en direction de Dunkerque, Oye-Plage, commune de 5400 habitants bordant la mer, est devenue un important bourg résidentiel offrant tous les services de proximité. Située dans la Flandre Maritime toute plate, c’est une commune où la pratique quotidienne du vélo et de la marche pourraient facilement se développer. Lire la suite

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Cyclistes autorisés à contre-sens dans les zones et voies limitées à 30kmh: à Calais aussi?

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Depuis le 1er janvier, le Double-Sens Cyclable (DSC), c’est-à-dire l’autorisation pour les cyclistes de rouler à contre-sens dans les rues à sens unique (pour les voitures) devient la règle dans toutes les zones 30 et les voies limitées à 30kmh et moins.

Cette mesure facilitant la vie des cyclistes, applicable depuis le début de l’année, résulte des dispositions du PAMA (Plan d’Actions pour les Mobilités Actives) et de son décret du 08 juillet 2015, dont nous avons déjà parlé (voir article du 27-10-2015 )

Sauf à avoir pris avant le 31-12-2015 un arrêté contraire, les maires ne pourront s’y opposer. Il faudrait alors qu’ils expliquent pourquoi ils se refusent à faciliter tant soit peu le déplacement des cyclistes!

Et à Calais ?

Pour l’instant, ici, rien ne semble avoir changé. Il faut dire que la « 1ère ville autophile de France » dispose de peu de zones 30 (et pas de zone piétonne!!), mais cette mesure concerne tout de même un certain nombre de voies, telle la rue Philippine de Hainaut, rue de la Victoire, rue Neuve, les rues de Lodi et voisines, rue G. Cuvelier etc. ainsi que dans d’autres quartiers.

Espérons aussi que ce soit l’occasion pour étendre ces zones 30 et y inclure les voies qui devraient en faire partie depuis longtemps (rue Charost, par exemple)

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Gageons que la municipalité fasse rapidement les adaptations nécessaires pour se mettre en conformité avec cette loi, et qu’elle saura utiliser tous les ressorts de la pédagogie. Il est en effet important pour la sécurité, en plus des panneaux signifiant l’existence de DSC, de rendre visible au sol pour les automobilistes la présence d’un espace cycliste à contre-sens. Cela peut se faire par un couloir si l’espace le permet, sinon, par un petit logo vélo répété régulièrement. Ce qui s’est fait autour de la Place d’Armes doit se généraliser .

On devrait donc voir fleurir les panneaux  suivants :

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Rappelons qu’en cas d’accident dans un sens unique, le citoyen pourra se retourner contre la ville, si celle-ci n’a pas mis en place la réglementation officielle.

La ville de Calais en profitera-t-elle pour se mettre aussi en conformité avec l’arrêté du 27-01-2012 autorisant les cyclistes à tourner à droite au feu rouge…?  (Comme ici à Dunkerque)

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Calais « bike friendly » ? ou autophile? Le choix semble fait! 10 sur 20

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Depuis vingt ans, la ville s’est dotée, c’est vrai, d’aménagements cyclables non négligeables, pour l’essentiel entre 1996 et 2008:

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Piste du Chemin militaire extérieur

35km de pistes et couloirs cyclables;

CIMG3052plus de 300 arceaux de stationnement répartis devant tous les bâtiments publics, et devant les commerces:

CIMG3161Des sas à tous les feux, qui permettent aux vélos de redémarrer sereinement devant les voitures. Ce qui tempère leur vitesse;

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Une vélostation associative, Opale Vélo Services regroupant diverses activités telles que récupération et remise en état de vélos usagés, animations:

et depuis 2008 :

  • un système de VLS (vélos en libre-service): le Vel’in

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  • quelques doubles-sens cyclables
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Place d’Armes, rue de Thermes

Alors pourquoi une appréciation qui peut sembler sévère ?

Pas de politique globale :
Ces aménagements n’ont jamais pu être inscrits dans une politique volontariste cohérente, impossible à faire adopter. Les aménagements que j’ai obtenus entre 1996 et 2008 ont chaque fois été le fruit d’une lutte pied à pied contre les préjugés, le manque de vision urbanistique, et le culte omniprésent de la voiture, indépendant des clivages politiques.

En effet, pour donner une place plus importante au vélo (ou aux bus d’ailleurs), des moyens simples existent mais ils nécessitent, dans nos villes plus ou moins anciennes, de reprendre un peu de place sur la voiture, afin de repartager l’espace public vers plus d’équilibre et une certaine proximité.

Et là, on se heurte au choix. Car il s’agit bien de choix :

  • Entre sans cesse favoriser la voiture pour laquelle on veut tout l’espace (circulation fluide et stationnement : ronds-points gigantesques, doubles-voies de circulation en ville, parkings démesurés, etc.) avec pour effet un coût astronomique pour le contribuable) ;

Tous ces aménagements routiers sont toujours dimensionnés au maximum, comme si les quelques minutes d’affluence de midi duraient toute la journée ! Un gâchis financier !!

  • ou tenter de redonner plus de place aux autres moyens de déplacements, aussi voire plus efficaces en ville, et bien moins coûteux en termes d’occupation de l’espace, de pollution, et de simple coût économique. Et tellement plus valorisant pour l’image d’une ville moderne !!!

Impossible d’obtenir cette politique urbanistique globale intégrant un rééquilibrage des moyens de transport, non pas que les citoyens n’en voudraient pas, mais parce que la plupart des élus, eux-mêmes exclusivement automobilistes, n’imaginent pas que leur population les suivrait ni même que cela puisse être un besoin. Des études ont eu beau montrer que les élus sont généralement en retrait dans leur perception de ce qu’est prête à faire leur population, leur frilosité reste toujours de mise. Pourtant, dans toutes les réunions publiques, il y a toujours des voix pour réclamer plus de vélos, plus de partage de l’espace pour une ville plus agréable à vivre et moins chère !!.

Alors, Calais, ville « laboratoire social » des transports du XXIème siècle ?

Donc, à Calais, pour l’instant rien d’original pour changer l’image routière de la ville, ni pour s’engager dans une modification significative des habitudes de déplacement. C’est pourtant faisable. Calais dispose d’atouts pour cela:

  • près de 30 % des ménages ne sont pas motorisés. Autant que Paris, mais,pas pour les mêmes raisons : ici, développer le vélo ou les bus est d’abord un enjeu social ;
  • Une ville plate et étalée où les distances sont à portée de vélo ;
  • Une ville refaite en 1950 avec des espaces publics larges, où les différents modes de transport peuvent cohabiter ;
  • C’est ici plus qu’ailleurs un enjeu de santé publique (exercice physique, obésité)

Au lieu de cela, on a des signes négatifs, et des aménagements de voirie parfois néfastes au cycliste :

1. Sur le plan technique :
  • Des aménagements cyclables qui ne sont jamais pensés en continuité (origine-destination, liaison entre centre générateurs : fac, centres commerciaux, lieux de sport, centre ville etc…) , les pistes cyclables apparaissent ça ou là en « cerise sur le gâteau » des projets urbanistiques, sans cohérence ; Avec la règle étrange qui consiste à créer des aménagements là où la voiture est peu présente, sans circulation ni danger.Inutile et coûteux!

CIMG3115Comme ici, quartier universitaire: rue sans circulation, donc sans danger pour les cyclistes. La piste double-sens sert de terrain de jeux;

  • des aménagements routiers (voire autoroutiers en centre-ville)

Pont Jacquard à 4 voies !

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Pont Jacquard

Une voie express au coeur du centre-ville: dangereuse pour les piétons. Et en plus inutile en terme de flux observé!!

Le culte du terre-plein central (centre-ville):

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Bd Jacquard

Ici, plus d’espace pour le cycliste qui a comme solution de rester au milieu et se faire klaxonner, de rouler dans le caniveau, ou de se faire frôler par les voitures ne pouvant (ou ne voulant) respecter  la distance réglementaire de 1,50 m!!

La non utilisation pertinente des voies sur berges et des ponts:

Alors que les voies d’eau sont des voies structurantes disposant de quais utilisables en continuité pour les différents modes de transport, à Calais ce n’est pas le cas;

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Exemple ici à Dunkerque. A Calais, nous avons pourtant les mêmes ponts!

Les ponts du XIXème siècle refaits (pont de Vic, Pont Curie, Hénon, Pont Vétillard) ou non (Pont Mollien, Pont de Saint-Pierre) ne laissent de place qu’aux voitures, à peine les piétons y sont-ils admis ! Ils ne font jamais l’objet d’une réflexion d’aménagement afin d’optimiser les déplacements. La ville de 2015 fonctionne encore avec les ponts du XIXème siècle !!!

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Pont de Vic

L’aberration du Pont de Vic  devenu 2 ponts. Ce qui ne laisse aucune marge de modification de circulation!

Des carrefours dangereux non aménagés (sauf les sas) et de nombreux points noirs pour la sécurité des cyclistes sans cesse ignorés malgré les remontées associatives ; nous y reviendrons.

La non mise en place par la mairie de Calais de la réglementation récente autorisant les cyclistes à tourner à droite au feu rouge:

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Dunkerque, quai du Pôle Marine

Contrairement à Dunkerque, où tous les feux sont équipés. Un arrêté du 12 janvier 2012 prévoit la possibilité pour les cyclistes de tourner à droite lorsque le feu est rouge; le cycliste peut aussi aller tout droit s’il n’y a pas de voie sur la droite;

2 D’un point de vue de politique plus général et de sensibilisation
  • Une politique « autophile » revendiquée et primée!!. Ici pas de contrainte sur la voiture, pas de parkings relais !! Peu de couloirs-bus. Un vrai choix pour le XXIème siècle !!
  • Abandon (2008) de la participation de Calais à la journée « En ville sans ma voiture », sensibilisation grandeur nature aux problèmes de déplacements;

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  • Abandon de l’adhésion au Club des Villes et Territoires Cyclables, association nationale regroupant 1500 collectivités favorables au vélo;
  • Gel du programme « véloroutes » de l’agglomération depuis 2008
  • Un PDU (plan de déplacements urbains) version « light », profil « très bas » pour le vélo ;
  • Pas de zone piétonne;
  • Pas une place sans voiture!
  • Pas de politique globale « vélo » pour l’agglomération, contrairement à ailleurs.
  • Aucune communication réservée au vélopas de plan des pistes cyclables, ni page de conseils aux cyclistes, ni d’infos spécifiques dans le journal municipal;

                  Ici chaque maire fait SI il veut, QUAND il veut, COMME il veut !!

Heureusement, dans la politique « autophile », nous sommes passés de peu à côté de ce qui aurait pu être un des plus grands gaspillages: le parking souterrain de la Place d’Armes!!!

Seules actions en faveur du vélo :
  • la continuité du soutien financier à l’association-vélostation que j’avais créée en 2005-2007, Calais Vélo Insertion, devenue Opale Vélo Services;
  • la mise en place (2010?)d’un système de Vélo en Libre Service (VLS) émanant de Veolia, groupe de l’opérateur transport Calais Opale Bus. Au lieu de complémentarité souhaitée quelques années auparavant, on a eu concurrence entre les deux opérateurs vélo, au détriment bien sûr, de l’acteur associatif.

Stationnement gênant et partage de la voirie: à savoir et à faire savoir !!

Le 5 mars 2014, le ministère des Transports faisait paraître le PAMA (Plan d’Actions pour les Mobilités Actives), avec pour objectif de revaloriser la marche et le vélo.
Pour faire suite, un autre décret (décret PAMA) est paru le 8 juillet 2015, concernant le « Partage de la voirie » et le stationnement « gênant ». Espérons qu’à Calais, ces dispositions, notamment la zone 30, se mettront en place rapidement.

On y apprend les nouveautés suivantes :

  • Le stationnement sur les espaces dévolus aux piétons et aux vélos (trottoirs, passages protégés, pistes et bandes cyclables, sas aux feux etc…) est désormais qualifié de « très gênant » et sanctionné par une amende de 4éme classe, soit 135 € ;

auto-sur-pistecyclable         Et oui! Et si les cyclistes faisaient eux aussi comme ça?

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  • Le double sens cyclable (DSC) devient la règle générale dans toutes les voies à sens unique limitées à 30km/h ou moins. C’est-à-dire que le cycliste est autorisé à y rouler à contresens, même sans marquage au sol ; à Calais, des rues devront s’adapter:
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Rue Neuve, en zone 30
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Rue G. Cuvelier, derrière le théâtre. Ici, la zone 30 commençant au milieu de la rue, cela veut dire que le cycliste venant de la rue Caillette devrait d’abord marcher vélo à la main jusqu’au panneau. Une aberration! Gageons que la mairie prolongera cette zone 30 jusqu’au carrefour…
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Rue Charost. Ici, on est encore en zone 50, ce qui est incompatible avec le lieu, les aménagements réalisés et la taille de la rue. Et le double-sens cyclable, déjà très pratiqué quoique interdit, est justifié. Espérons que là aussi, on passera officiellement en zone 30…

D’autres rues devraient en zone 30 devront s’adapter: Rue Verte, Rue de Lodi, Rue    Willaume, Rue du Calvaire, rue Philippine de Hainaut…Elles sont aménagées pour ça. Nous y reviendrons.

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La signalisation verticale pour les usagers de ces rues en zone 30 : un « sens interdit sauf cyclistes »…

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…avec éventuellement le panneau de « double sens cyclable »

  • Les cyclistes sont autorisés à circuler hors de la zone d’ouverture des portières des voitures en stationnement, soit au minimum à 1 mètre de celles-ci. Cela signifie aussi qu’au cas où une bande cyclable trop étroite rase de trop près le stationnement, le cycliste est autorisé à circuler sur sa limite gauche, voire à l’extérieur plutôt que dedans. Pour éviter ça:
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Et encore ici la bande cyclable est large et il y a un petit espace avant les voitures. Pas comme Avenue Salengro à Calais (1ère piste cyclable, avant 1995)

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  • Officialisation de la « trajectoire matérialisée » pour les cyclistes : cela signifie que les marquages au sol (vélo peint, chevrons etc…) doivent être matérialisés en continu, notamment à l’approche et dans les carrefours. Ce qui doit aussi permettre au cycliste d’utiliser pour son passage les feux piétons de l’autre sens ;

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  • Les sas pour vélos aux feux rouges sont désormais interdits aux cyclomoteurs:

  sas-velo dès le 1er janvier 2016, les sas « vélo », créés pour permettre un redémarrage serein des vélos au feu devant les voitures, seront interdits aux cyclomoteurs qui n’ont pas, du fait de leur puissance, les mêmes problèmes de stabilité ;

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Calais: sas vélo Bd Jacquard

  • Un nouvel aménagement en ville : « la chaussée à voie centrale banalisée ». Il s’agit, dans certaines voies étroites, de matérialiser deux bandes de rive en pointillé pour les cyclistes, l’espace central restant pour les voitures les obligeant, pour se croiser, à mordre sur ces espaces cyclables. Les automobilistes, ainsi mis dans l’inconfort, n’en sont que plus vigilants. Ici, la priorité d’aménagement est clairement donnée au cycliste, c’est pas si souvent !!!

CVCB