Perpignan : la prise en compte du vélo boostée par l’association « Vélo en Têt »

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Les quais de la Basse, affluent de la Têt

Descendu plein sud pour suivre une formation organisée par la FUB, ce fut l’occasion de faire connaissance avec la ville de Perpignan que je ne connaissais pas et avec « Vélo en Têt« , son association locale de promotion du vélo fondée en 2002. Une association militante et indépendante qui se pose en interlocutrice des collectivités et qui n’hésite pas, le cas échéant, à interpeller la ville ou l’agglomération pour faire respecter les dispositions légales en faveur du vélo, que les villes, toujours submergées par d’autres priorités, oublient un peu facilement. Comme la généralisation, dans toutes les zones 30 et voies à 30 kmh, des DSC (doubles sens cyclables), permettant aux cyclistes de remonter les rues en sens unique afin d’éviter les détours pénalisants. Cette généralisation aurait dû intervenir partout avant juillet 2010 ! Force est de constater que c’est rarement le cas, même six ans après ! Calais ne fait bien sûr pas exception !

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Une rue étroite avec DSC.

Perpignan : culture voiture, mais des efforts pour le vélo :

Avec 125000h pour la ville et près de 300 000 pour l’agglo, Perpignan est une ville importante de la région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées. Comme la région, c’est une ville à la situation difficile économiquement et socialement. Avec en 2015, 21 % de pauvreté, l’aire urbaine de Perpignan est la douzième sur les 280 répertoriées par l’étude de l’Insee. Une situation comparable à celle de nombre de villes du Nord. La ville dispose cependant d’atouts, touristiques notamment, avec le Palais des Rois de Majorque et la cathédrale.

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Le palais des Rois de Majorque, du XIVème siècle.
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La cathédrale Saint-Jean-Baptiste, du XIVème siècle

Une ville en zone 30 depuis 15 ans environ :

Constituée historiquement comme beaucoup de villes, d’un noyau ancien entouré d’abord de murailles, puis, de boulevards périphériques, Perpignan n’a pas vraiment souffert des guerres ni des invasions comme nos villes du Nord. Le centre-ville médiéval, parvenu jusqu’à nous avec ses ruelles tortueuses et étroites, et ses maisons hautes est naturellement plutôt impraticable par les voitures. Il a ainsi été sans doute plus facile de généraliser la zone 30. Quelle qu’en soit la raison, on a donc une ville intra-muros à la circulation plutôt apaisée, favorable aux déplacements à vélo.

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Néanmoins, la culture « voiture » est forte et la municipalité, appuyée ou critiquée par Vélo en Têt, selon qu’il y a concertation ou non, manifeste la volonté de poursuivre l’apaisement général de la circulation. Pour empêcher le stationnement partout, elle a marqué efficacement la séparation entre piétons et circulation par de très nombreux plots assez bas qui se révèlent autant d’obstacles dangereux.

Elle a ainsi ouvert la totalité des petites rues aux DSC, dont certaines sont parfois TRES étroites. Lorsqu’un automobiliste y croise un cycliste, ils doivent s’arrêter et user de leur courtoisie respective…Ça casse la vitesse !

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Mais la ville a exclu certaines rues, bizarrement les plus stratégiques (commerces, édifices publics) et utiles aux cyclistes de la généralisation des DSC, occasionnant ainsi une action juridique de Vélo en Têt.

Une ville presque piétonne…

Grâce à l’argumentation et à l’insistance de l’association, les principales rues du centre de la ville sont piétonnes à partir de 14h00. Et donc très fréquentées.

Eh oui, quand un centre-ville est calme, et qu’on ne craint pas de se faire renverser, il est animé et fréquenté par les piétons et les automobilistes…redevenus piétons! Les édiles calaisiens n’ont pas encore compris ça!

Un système de vélos en libre-service : le BIP

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Sur le même principe que partout. Une demi-heure gratuite. 15 stations pour 150 vélos seulement. Pour être honnête, je n’en ai quasiment pas vu circuler pendant mes 3 jours de présence, moins qu’à Calais, où cela ne marche déjà pas beaucoup. Les raisons à cela sont pourtant simples à comprendre.

La pratique du vélo, privé ou public, ne peut vraiment redémarrer que si une politique est menée conjointement pour contenir l’omniprésence de la voiture et apaiser la circulation générale.

Les systèmes de VLS, qui certes représentent une offre pour les cyclistes, sont souvent installés ici ou là sans véritable politique « vélo », comme faire-valoir de communication ou comme adhésion à un effet de mode…plutôt coûteux! Ceci explique cela !

Des boulevards circulaires non aménagés

En effet, le contraste est saisissant. Très difficile pour les cyclistes de ne pas se sentir en danger sur ces boulevards bruyants et à la traversée pourtant inévitable où la circulation excède sans aucun doute les 50 kmh, et où malheureusement aucun aménagement cyclable ne vient adoucir la situation. On ressent aussi à la chaleur l’atmosphère polluée.

 Une autre association, La Casa Bicicleta, encourage la pratique du vélo à Perpignan, cette fois en proposant des services au cyclistes via un atelier vélo. (prochain article)

Autres vues de la ville

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Le Castillet, ancienne porte d’entrée de la ville, est un témoin des anciens remparts

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Esplanade du Palais des Rois de Majorque: vue sur les Pyrénées

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La cathédrale St-Jean-Baptiste: nef immense, pas de bas-côtés.
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